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Le carnet de voyage au Viêt-Nam ...                    (1 595 km / 16 Juillet - 11 Août 2008)
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Les informations générales (valides en Juin 2008)

  • Capitale : Hanoï.
  • Superficie : ~ 331,690 km2 (= 0.5 x France).
  • Population : ~ 85 millions d'habitants (= 1.3 x France).
  • Densité : 257 habitants / km2.
  • Langue : Viêt-Namien.
  • Religion : Boudhisme Mahayana (75%), Catholicisme (7%) et autres (18%).
  • Indice de Développement Humain (IDH) : 0.709, soit le 109ème pays sur 177. Qu'est-ce-que l'IDH ?
  • Système politique : République socialiste.
  • Président : Nguyen Minh Triet (depuis juin 2006).
  • Premier ministre : Nguyen Tan Dung (depuis juin 2006).
  • Taux de croissance 2005 : 8.3%.
  • Monnaie : Dông (VND), 1 Euro = ~ 26,000 Dông.
  • Principaux produits importés : pétrole rafiné, tissu, fer, acier, machines et véhicules.
  • Principaux produits exportés : pétrole brut, riz, chaussures, textile, café et manioc.



La carte du Viêt-Nam avec l'itinéraire suivi (en vert)


La carte de l'Indochine



Le récit du voyage 
au Viêt-Nam avec les meilleures photos

Arriver au Viêt-Nam en traversant l’ancienne piste Ho Chi Minh (voir la fin du carnet de voyage au Laos pour plus de détails) et en passant par l’ancien camp américain de Khe Sanh est une véritable invitation à quelques rappels historiques sur la guerre du Viêt-Nam, ou plutôt comme elle est nommée ici à juste titre, la guerre américaine.

Voici quelques dates clés pour situer les événements :
  • 1859 : Les Français prennent le contrôle du Viêt-Nam.
  • 1940 : La France de Vichy accepte l’occupation du Viêt-Nam par les Japonais.
  • 1945 : Les Japonais quittent le Viêt-Nam, le Viêt-Minh déclare le Viêt-Nam souverain et indépendant tandis que les Français essayent de récupérer le pays.
  • 1946-1954 : Guerre entre la France et le Viêt-Minh, qui se conclura par la prise de Dien Bien Phu, le départ des Français et la séparation du Viêt-Nam en deux états (Accords de Genève).
  • 1955-1959 : Escalade de la tension entre le nord communiste (soutenu par la Chine et l’URSS) et le sud Viêt-Nam (soutenu par les Etats-Unis). C’est alors l’époque de la chasse aux sorcières outre atlantique …
  • 1960-1967 : La présence de l’armée américaine aux cotés de l’armée sud Viêt-Namienne s’intensifie pour atteindre 500 000 hommes.
  • 1968 : Le Viêt-Minh assiège le camp américain de Khe Sanh, une diversion en préparation de la fameuse offensive du Tet (200 000 morts et 2 millions de réfugiés). C’est malgré tout un échec militaire pour le nord communiste, mais c’est une véritable victoire médiatique : le public américain ne veut plus de cette guerre et l’opinion se retourne.
  • 1969 : Les Etats-Unis bombardent le Laos et le Cambodge. Le pic militaire est atteint.
  • 1970-1971 : L’opinion américaine continue à dénoncer cette guerre absurde. Des preuves d’une communication malveillante de la part de la maison blanche vers le congrès sont établies.
  • 1972 : Nixon est réélu … mais patauge lamentablement dans le scandale du Watergate.
  • 1973 : Les accords de Paris entérinent un cessez-le-feu entre le sud et le nord Viêt-Nam. Les troupes américaines se retirent. Le bilan humain s’élève alors à environ 2 millions de morts, dont plus des 3/4 sont des civils du nord, victimes des bombardements massifs américains … d’où ce musée à Ho Chi Minh City, justement nommé, le musée « des crimes de guerre américains ».
  • 1974 : Nixon est forcé à la démission et est remplacé par Gerald Ford.
  • 1975 : Le nord envahit le sud Viêt-Nam. Le pays est réunifié le 30 Avril.
Une petite remarque s'impose : Nixon a du démissionné dans la honte et la disgrâce … mais ce n’est pas pour avoir menti, comploté* et activement contribué à la mort de 6 millions de personnes ; non, il a du démissionner pour une banale affaire de cambriolage et d’écoutes téléphoniques. Franchement, ce monde ne marche t’il pas sur la tête ?

* voir la biographie de Richard Nixon par Anthony Summers (The arrogance of power) dans laquelle il est établi que Nixon a en partie gagné sa première élection en faisant échouer les négociations de paix voulues par le président Jonhson entre le sud et nord Viêt-Nam.


Donc voila pour les rappels historiques, place maintenant au voyage ... qui commence par la ville de Khe Sanh, ancien camp militaire américain situé en plein milieu de la soi-disant zone démilitarisée, un camp qui fut assiégé puis abandonné il y a exactement 40 ans. Voir ci-dessous les nombreux panneaux commémoratifs de l'événement.

les celebrations des 40 ans de l'attaque du Tet ...

les celebrations des 40 ans de l'attaque du Tet ...                Ho Chi Minh ...                les celebrations des 40 ans de l'attaque du Tet ...


Et puis en bord de route, quelques chars américains continuent –pacifiquement maintenant- de rouiller ...

char americain ... char americain


Ci-dessous la vallée qui relie Khe Sanh au littoral ...

la vallee de Khe Sanh


L’arrivée sur le marché de Dong Ha sera l’occasion de refaire le plein d’énergie : le sandwich pâté a ma préférence ... mais le sandwich vache qui rit + lait concentré sucré est également à essayer. Admirez l'emballage (ci-dessous à droite): le recyclage n'est pas un vain concept ici.

Petit dejeuner sur le marche ... Remarquez l'emballage ....


Le passage à niveau de Dong Ha, où la technique du croisement en double peigne entremêlé. J’explique : tout le monde attend des deux cotés du passage à niveau sur toute la largeur de la route, et lorsque les barrières s'ouvrent, les vélos et motos avancent droit devant, créant ainsi un doux chaos urbain …

Le passage a niveau ... avant ... ... et apres !!


Dong Ha, c’est une ville à retenir sur mon parcours, car c’est le point le plus à l’est. Maintenant il est temps de remettre le cap dans la direction ouest nord-ouest, sinon je ne vais jamais arriver. A ceux qui se demandent pourquoi je suis parti plein est alors que la France est à l’ouest de la Thaïlande, je leur réponds que la Birmanie n’est pas traversable à vélo, et qu’il fallait donc la contourner … et puis j’avais vraiment envie de revenir au Viêt-Nam une dernière fois avant de rentrer en France. C'est un pays très attachant.

En sortant de Dong Ha, je tourne donc à gauche et j’emprunte la fameuse Highway 1 (QL 1A) qui traverse le pays du sud au nord et relie Ho Chi Minh Ville à Hanoi. La circulation n’est pas aussi terrible que j’ai pu l’entendre ; ce n'est plus le Laos, certes, mais on ne se sent pas en danger. La route est bordée de nombreuses rizières qui s’étendent à gauche jusqu’aux montagnes formant la frontière avec le Laos, et à droite jusqu’aux nombreuses dunes de sable du Golfe du Tonkin. Les paysages sont magnifiques, mais il fait une chaleur de feu et il n’y a pas la moindre ombre … le thermomètre montera ici jusqu’à 48 degrés !!
Le genre de température où il commence à bouillonner sérieusement sous la casquette.

Les rizieres ... ... et les buffles !


La ville port de Dong Hoi : une magnifique petite bourgade aux nombreux bateaux multicolores.

Le port de Dong Hoi

Coucher de soleil a Dong Hoi ...  Encore ...

Ciel de Dong Hoi


Et puis ici la traversée de quelques dunes … un paysage presque surréel ...


Petit detour par les dunes ...


Samedi 19 Juillet 2008 : encore 455 km sur la Highway 1 jusqu’à Hanoi, sur un total de 620 km. La chaleur ne faiblit pas, je pars tôt le matin mais rien n’y fait, dès 9h30 le thermomètre franchit les 40 degrés et entre 11h00 et 14h00, c’est la zone rouge assurée, avec 45 degrés minimum … le tout combiné avec un fort vent de face et des étapes quotidiennes de plus 100 km : assurément de quoi se mettre en jambes avant d’attaquer les montagnes du nord du pays à la fraîche.


Souvenirs de la guerre américaine, des bunkers jonchent les plages à intervalles réguliers.

Plus que 455 ... Des bunkers encore ici et la ...


Les vélos : ils sont encore très largement utilisés au Viêt-Nam, souvent pour le transport d’objets encombrants, ou en famille à deux, trois ou quatre personnes. Il n’est pas rare de voir la personne assise à l’arrière de celle qui tient le guidon participer au pédalage de la pointe des deux pieds … 

Les velos dans les rizieres ...

velo plastique velo charge de pots

A noter ci-dessus à droite un modèle particulier pour les chargements lourds, avec un cadre renforcé, une tige à la place de la selle pour tenir l’équilibre et une rallonge en bois sur le guidon pour diriger le tout. C'est le modèle qui fut utilisé pendant la guerre pour acheminer le matériel militaire le long de la piste Ho Chi Minh.

velo balayettes cyclo ...

Les cyclos (trois roues) sont également très nombreux et peuvent transporter absolument tout et n'importe quoi ! Des cercueils, des matelas et bien d'autres choses encore.

cyclo cercueils ... cyclo matelas


SORTEZ COUVERTS !! Toujours, les Viêt-Namiens ont toujours un chapeau ou un casque sur la tête, voir le plus souvent les deux à la fois. La panoplie s’accompagne pour les femmes d’un masque et de manches de bras. Je ne sais pas comment elles arrivent à respirer avec le masque, mais au moins c’est sur qu’elles ne prennent pas de coups de soleil.

Pour les motards, ça ne rigole pas. Tout le monde circule avec un casque, sans exception (et attaché qui plus est, pas comme l’inutile bol Thaïlandais qui s’envole au vent). Les motards gardent généralement leur casque même une fois descendu de leur moto, et vaquent ainsi casqué. Je n’ai pas encore bien compris pourquoi, mais je me demande si cela ne serait pas un signe distinctif pour asseoir un certain statut social qui indique que, « moi, j’ai une moto et je le montre» comme d’autres ailleurs feraient négligemment tournoyer bien en évidence leur porte-clé Mercedes.

La cycliste La motarde ...


Lundi 21 Juillet : le prix de l'essence augmente de 30% au Viêt-Nam. Voila qui colle mal avec un schéma de développement tout pétrole comme on le voit ci-dessous à gauche.

LE tout moteur ... FUME. Et fumer tue !!

Alors qu’une petite partie de l’humanité, privilégiée, essaie –pour le moment totalement en vain- de sortir d’un modèle de développement basé sur une énergie peu chère et illimitée, le reste de l’humanité essaie –pour le moment avec grand succès- de faire l’inverse en reproduisant les erreurs des pays développés. Aie, aie, aie … changer le comportement d’un milliard de personnes, déjà ça va être dur, mais alors changer le comportement de 6 milliards de personnes … ça, ça va être au moins 6 fois plus dur !


« Dieu est parmi nous », tant mieux pour ceux qui y croient. Mais quand même, après avoir pris un tel déluge de bombes sur la tête, quelle opinion les Viêt-Namiens peuvent ils avoir d’un Dieu qui a laissé faire une telle barbarie ? En tout cas ils n'ont pas l'air d'être rancuniers, les églises neuves ou en construction sont nombreuses, et il n’est pas rare d’en voir 3 ou 4 dans le même village. Certains édifices méritent d’ailleurs d’avantage le titre de cathédrale tant leur taille est imposante …

Eglise Eglises

C’est bien connu, la foi déplace les montagnes … mais aussi détourne l’argent d’une utilisation purement rationnelle en phase avec les besoins d’un pays pauvre comme le Viêt-Nam, notamment dans le domaine médical. En regardant ces immenses constructions d’un goût incertain, on ne peut s’empêcher de penser que tout cet argent aurait pu être mieux dépensé dans l’intérêt de tous …


Coucher de soleil
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Mercredi 23 Juillet : je me repose une paire de jours à Ninh Binh, après avoir pédalé non-stop près de 900 km depuis Savannakhet au Laos.

Ninh Binh est une plaisante petite ville de province avec quelques attractions de renom, dont la magnifique baie d’Halong terrestre et l’ancienne capitale impériale Hua Lu.



A droite => sur la route menant à la baie d'Halong terrestre.



Ci-dessous : la baie d'Halong terrestre, avec ses formations rocheuses plongeant à pic au milieu des rizières et des canaux d'irrigation.


cycliste en famille

La baie d'Halong au milieu des champs de riz ...

Encore

C’est un décor de rêve, mais pour encore combien de temps ? En effet, la région est en proie à une fièvre constructrice sans précédent et il semble que les roches du site de la baie d’Halong terrestre soient tout à fait adaptées à la fabrication de ciment. En attestent le nuage de poussière grise dans lequel baignent les environs et ces montagnes entières qui disparaissent par la seule main de l’homme …

Et encore Mais pour combien de temps encore ?


Ci-dessous : l'ancienne capitale impériale de Hoa Lu pendant les dynasties Dinh (968-980) et Le (980-1009).

Hoa Lu Hoa Lu


Vendredi 25 Juillet : Il ne me reste plus que 93 km avant d'atteindre Hanoi. C'est ma dernière étape sur la Highway 1, et je n'en suis pas fâché. Au fil des jours, la qualité du revêtement de cette « autoroute » qui n’en a que le nom s’est fortement dégradée, et surtout elle s’est vue affligée d’un nombre consternant de bandes rugueuses qui, faute d’émouvoir les camions et autres bus qui représentent la majorité du trafic, n’en constituent pas moins un réel danger pour les deux roues en plus d’un inconfort certain. J’espère aussi maintenant en finir avec ces coups de klaxons assourdissants, sur-décibélisés et franchement insupportables à longueur de journée.


Samedi 26 Juillet : HANOI !! Ca y est, j’y suis. Après 4 semaines et 2 000 km de voyage, je suis arrivé à Hanoi.

Je suis déjà venu à Hanoi en 1998 et en 2000, un endroit calme où une poignée de mobylettes venaient à peine perturber la lente et silencieuse procession des bicyclettes et des cyclos. Et bien 10 ans plus tard, changement de décor, c’est devenu une véritable marée de mobylettes … et les quartiers dynamiques ont depuis accouché d’une multitude de mini-hotels très laids, dont celui où je dors constitue un excellent exemple (cercle rouge, 5ème étage sans ascenseur pour garder la forme).

les motos de Hanoi ... Sunrise Hotel


Symboles du Viêt-Nam : palanches et chapeaux coniques sont omniprésents à Hanoi.

Dans la rue dans la rue

Dans la rue Dans la rue


Magasin de cerfs-volants ou boutique à la mode, on trouve de tout à Hanoi !

Les cerf-volants Magasin


Situées au nord-ouest de Hanoi, de nombreuses maisons Françaises de l’époque coloniale ont été magnifiquement restaurées et sont aujourd’hui utilisées comme ambassades ou résidences d’ambassadeur ...

Maison coloniale ... Maison coloniale

… à quelques centaines de mètres seulement du mausolée où repose Ho Chi Minh, le grand artisan de la résistance Viêt-Namienne contre les Français et les Américains ainsi que le fondateur du parti communiste Viêt-Namien.

Le mausolee de Ho Chi Minh ... La statue de Lenine

Non loin se trouve l’une des rares statues de Lénine qui soit encore debout. Le communisme s’effondrant un peu partout dans le monde, cette ancienne gloire de l’ex URSS en a fait les frais, sauf ici, à Hanoi.


Plus au centre se trouve le temple de la littérature, construit au XI siècle en hommage à Confucius, le grand penseur – philosophe Chinois. Ce temple abrita ensuite la première université du Viêt-Nam, chargée d’instruire les princes et fils de mandarins.

Temple de la litterature Confucius lui meme ...

Je ne résiste pas à l’envie de citer Confucius pour donner une petite idée du personnage et faire réfléchir :
« La vie de l’homme dépend de sa volonté ; sans volonté, elle serait abandonnée au hasard … »



Ci-dessous un coucher de soleil sur le lac Hoan Kiem de Hanoi.

Le lac de Hoan Kiem ...


Lundi 28 Juillet 2008 : 
Après cette charmante escale à Hanoi, je me remets en route pour 10 jours de montagne dans le nord-ouest du pays, en direction de Dien Bien Phu et de la frontière chinoise ...

La sortie de la ville est épique. C’est la reprise du lundi matin et Hanoi grouille en tous sens. Heureusement que les rues sont larges et que les vitesses sont faibles, je me fraie un chemin jusqu’à la nationale 6 … et après une dizaine de kilomètres, je tombe sur ces deux magnifiques spécimens de vélos à tout faire !

Velo poissons Hummm ...

Le vélo aquarium donc, avec sa bouteille d’air comprimé attachée sur le cadre, et ce … vélo en version convoi exceptionnel, avec son très encombrant chargement ! Mon vélo a l’air ridicule à coté …


Mardi 29 Juillet : la vraie montagne commence … c’est donc une journée test. Comment est-ce qu’un vélo de 55 kg franchit-il un col, et surtout à quelle vitesse ?

La réponse ne tarde pas, à peine réveillé et le petit-déjeuner encore tout fraîchement déposé au fond de l’estomac, j’attaque une belle 
montée … qui me voit hélas rapidement défaillir : bonjour les étoiles et les frissons. Une pause s’impose. Que s’est il passé ? Trop vite ? Trop tôt ? Trop chaud ? je ne sais pas, mais après seulement 5 km, c’est un peu la déception. La route est encore longue.

Je remonte en selle un quart d’heure plus tard, et comme par magie, la machine se met alors véritablement en marche, oubliée la défaillance d’après petit-déjeuner, les pentes s’enchaînent maintenant en douceur …
Vers Mai Chau ...

C’est ainsi qu’à 13h00, j’arrive au pied de « la » grosse montagne du jour. Voici quelques chiffres pour mieux la décrire: la pente est de 8%, ma vitesse est de 7km/h, le dénivelé est de 600 mètres et il fait 46 degrés sur la route.

A ma grande surprise, ça se monte presque tout seul. Il faut être patient, certes, mais il n’y a rien d’infaisable. C’est encourageant pour la suite.


En haut du premier col ...

Les panoramas commencent à être somptueux, et valent bien les quelques efforts fournis en chemin. La vallée est majoritairement composée de rizières inondées en cette saison …

La pluie arrive ...

En fin d’après-midi, et non sans avoir redescendu TOUT ce que j’avais monté, j’arrive dans la vallée de Mai Chau, principalement habitée par la minorité ethnique … Thaïs ! Certains parlent d’ailleurs le Thaï de Thaïlande.

Ci-dessous à droite, la maison dans laquelle j’ai passé la nuit.


riziere Auberge


Mercredi 30 Juillet : aujourd’hui au programme figure l’une des plus longues ascensions de cette boucle nord-ouest, 1000m de dénivelé sur 35 km, avec des pics à 11%. Les cyclistes apprécieront.

Tranquillement mais sûrement, je suis parvenu en haut ! J’ai apprécié le changement de décor (plantations de thé) et de température.

Second col

magnifique


Ce soir je dors à Moc Chau, petit village de moyenne altitude entouré de nombreux villages Thaïs où les pratiques agricoles restent d’un autre âge … celui de la raison et de la modération.

Dans les champs dans les champs

coucher de soleil sur les rizieres


Samedi 2 Août : j’avance, mais pour bien avancer il me faut des forces et c’est généralement au marché que je les trouvent. Ci-dessous le marché de Son La, avec quelques spécialités locales, dont du chien (cliquez sur la photo si vous en avez le courage) et des vers à soie ! A droite, c’est la pesée du poulet, mais finalement pour cause de croupion inadéquat (mais qu’y ont ils vu ?), il n’a pas été retenu !! 

Chien grille  Vers a soie  vente de poulets

En route vers Tuan Giao, la cueillette et l’épluchage du maïs, qui sera plus tard mis en grain à la main !

moissoneurs


La route est dure aujourd’hui, et ce ne sont pas les pentes qui me posent problème, c’est plutôt l’état du revêtement, déplorable et souvent totalement absent, emporté par des glissements de terrain ou des écoulements d’eau anarchiques. Les ornières se succèdent, la boue est omniprésente, épaisse et collante, elle aspire le pneu, et les rochers guettent, prêts à tailler les flancs. C’est un premier vrai test au niveau de l’endurance du vélo et de ma capacité à bien le guider.

De retour sur une portion plus roulante, en descente, concentré sur mon sujet tant il s’agit de bien anticiper les changements de condition de la route … je me retrouve comme bombardé d’une pluie de projectiles non identifiés dont la majorité passe à travers ma roue avant !! Je m’arrête aussitôt … pour constater qu’en fait de projectiles, ce sont les trois dernières bananes que je transportais sur mon porte-bagages avant qui sont passées à travers, par la répétition et la force des cahots, et qui se sont désintégrées dans ma roue.

Rassuré, je repars et continue la descente … dans un vacarme absolument assourdissant et avec de très fortes vibrations provenant de ma roue avant. C’est intenable, je m’arrête à nouveau pour constater que Bananes + Jante surchauffée par la descente = CARAMEL !! Et pour ceux qui en douteraient, freiner sur du caramel n’est pas une bonne idée. Je nettoie le tout aussi bien que je peux avec les moyens du bord, sous l’œil amusé de quelques enfants que le bruit avait intrigué

enfants

Ce fut une grosse journée, avec au final 90 km au compteur, mais que les paysages de la région sont beaux  ...

montagne


Dimanche 3 Août : il pleut.

Il pleut sur le marché de Tuan Gioa,
où ces femmes Thaïs, reconnaissables à leur tenue spécifique, et notamment leur coiffe noire aux motifs multicolores, attendent le chaland pour lui vendre quelques légumes et autres morceaux de viande.

Il pleut ce matin

La région du nord-ouest Viêt-Namien est peuplée d’une multitude d’ethnies « montagnardes ». Les Thaïs constituent l’une des plus importantes de ces ethnies. Hélas, comme pour de nombreuses autres minorités de ce monde, leur survie et la subsistance de leur culture est mise en grand danger, notamment par des politiques d’assimilation au nom de l’unité nationale ... mais aussi par le tourisme de masse, qui déverse par bus entiers Européens et Chinois en mal d’exotisme. Il y a un rapport de force, et ici de nombre, qui se doit d’être respecté pour éviter le phénomène « Zoo » et la dilution d’une culture aussi différente que fragile.


En route vers Dien Bien Phu, il continue de pleuvoir et la route se dégrade toujours plus … je progresse lentement …

sur la route sur la route

… et j'ai le temps d’apprécier le paysage ! C'est fou d'ailleurs de constater à quel point la capacité à apprécier les choses, et donc à être heureux, dépend étroitement de la quantité d’efforts fournis pour y arriver.

Apres la pluie, le beau temps


Rencontres …


Black Thai Buffle


A l’assaut du dernier col avant Dien Bien Phu …

Fred montagne

… pour me rendre compte qu’il pleut là-bas dans la cuvette !! Cette fameuse cuvette ...

La cuvette est pleine ...


Dien Bien Phu donc, petit rappel historique sur une défaite militaire cinglante qui précipita la fin de la présence française au Viêt-Nam, et dont le panneau ci-dessous offre une version graphique intéressante.

La bataille ...

En 1954, cela fait maintenant 8 ans que la France est en guerre contre le Viêt-Minh, essayant alors vainement de récupérer le contrôle du pays après l’avoir abandonné aux Japonais durant la seconde guerre mondiale. Au début de cette même année, le Général Navarre installe plusieurs bataillons français dans la vallée de Muong Thanh, plus connue sous le nom de «la cuvette de Dien Bien Phu», afin de prévenir des incursions du Viêt-Minh vers le Laos et Luang Prabang.

En quelques mois seulement, ces bataillons sont totalement encerclés par l’armée du général Vo Nguyen Giap, qui a réussi l’incroyable exploit logistique d’acheminer équipements et munitions au travers des montagnes de la région sur de simples bicyclettes renforcées  !!

Char francais .. Contre velos viets ...

Après un siège de 57 jours et à la veille de la conférence de Genève sur l’Indochine, Dien Bien Phu tombe sous le feu du Viêt-Minh. Les 11 000 hommes du corps expéditionnaire français sont tués ou capturés (un corps expéditionnaire qui comportait alors environ 40% de Français, 30% de Viêt-Namiens, des tirailleurs Algériens et des troupes Africaines).

Devant une situation devenue impossible, la France a au moins eu le courage de la défaite (mais a t-elle vraiment eu le choix ?), et s’est épargné la responsabilité d’un conflit autrement plus meurtrier … une délicatesse dont les Etats-Unis ne seront pas capable, et qui plongera le Viêt-Nam dans l’horreur pendant 20 années supplémentaires, pour finalement aboutir à l’exact même résultat : la défaite, totale et inéluctable.

Une guerre d’occupation ne se gagne pas. Il serait temps que les va t’en guerre de cette planète finissent par en convenir !!


Mercredi 6 Août :
 je reprends le bourbier qui me fait office de route en direction de Sapa et de la frontière Chinoise … et je découvre avec enchantement que de bourbier point il n’y a plus, et à la place se trouve une belle route fraîchement bitumée  ! La journée commence donc bien, si ce n’est que j’effectue les 50 premiers km sous la pluie. A force de passer entre les averses, ça devait bien arriver à un moment. Positivons, la pluie donne des couleurs aux paysages …

Vers Lai Chau ...

J’emprunte maintenant une route très peu fréquentée, les véhicules sont rares … mais les piétons sont nombreux. La région est riche de moult minorités ethniques, généralement revêtus (surtout les femmes) de leurs habits traditionnels. Il est étonnant de se retrouver en minorité parmi les minorités, et à l’évidence je constitue à leurs yeux une sorte d’OVNI. Rares sont les vélos qui s’aventurent par ici, et rares sont les minibus de touristes qui s’arrêtent dans ces petits villages. Devant leur manifeste inconfort devant l’objectif de l’appareil photo, je me suis limité à quelques clichés de loin et/ou de leurs vêtements. Voir ci-dessous les attributs de la minorité H’mong …

H'mongs H'mong house


Jeudi 7 Août : grosse journée en perspective. Je pars dès le lever du jour. Il y a 80 km de plat pour la mise en jambe et une ascension finale de 1000m sur les 30 derniers km. De quoi assurément bien dormir ce soir. Tout se passe bien, la route est belle, les minorités ethniques sont omniprésentes, il pleut un peu mais pas trop, j’avance … mais plus j’avance, et plus je réalise qu’en fait de 80 km de plat, ce sont 80 km de montagnes russes que je vais devoir parcourir avant d’avoir droit à la grosse montagne de fin de journée : la faute à la rivière Nam Na qui occupe tout le fond de l’étroite vallée, et qui repousse la route plus en hauteur.
Les gorges de la Nam Na ...

Ma progression est lente, il faut de la patience … mais je finis par arriver au village de Phong To, pile au pied de la montagne, où se trouve une borne qui indique l’arrivée : Lai Chau, 30 Km. Je ne réalise pas tout de suite l’incongruité de cette borne, j’attaque la pente, concentré … et puis soudain ça y est, je réalise : Lai Chau, c’est le nom du village d’où je suis parti ce matin !! Sacrebleu, qu’est ce que c’est que cette histoire ? C’est aberrant, j’ai suivi la même rivière pendant 80 km, je ne peux pas être revenu au point de départ, c’est impossible. Et puis boussole, altimètre et cartes concordent, j’ai suivi la bonne direction. Je vais malgré tout me renseigner auprès des locaux, car monter une montagne, d’ordinaire c’est assez dur, mais monter une montagne avec un petit doute sur la bonne direction suivie, ça, c’est très très dur ! On me rassure, on m’explique plein de choses que je ne comprends pas, mais il faut bien que je continue dans cette direction.

Rassuré donc, je monte sans faiblir cette montagne qui me sépare de mon dîner. Pour l’occasion, j’ai usé du 34 dents, le grand pignon, celui qui vous ferait monter aux arbres … ce 34 dents, c’est un peu le pignon du désespoir, car après il n’y a plus rien, si ce n’est la marche !

Lai Chau Le 34 dents ...

En arrivant à destination je comprends : je suis parti ce matin du vieux Lai Chau (appelé à disparaître après la montée en eau qui suivra la construction d’un barrage) et je suis arrivé ce soir au nouveau Lai Chau, anciennement Tam Duong ; le nom de Tam Duong ayant depuis été donné à la ville anciennement appelée Binh Lu, à 29 km de là. Par contre je n'ai pas trouvé quel village a été débaptisé et s’appelle maintenant Binh Lu … je cherche encore. Quel bonheur cela doit être pour les fabricants de cartes, de panneaux et de bornes kilométriques que cette valse des noms de ville …


Vendredi 8 Août : c'est l'ouverture des JO et le monde entier va soudainement se prendre de passion pour l'aviron et l'escrime, la natation synchronisée et le lancer de marteau … hummm ... j’avoue vraiment ne pas être fâché de pouvoir échapper à ce matraquage en règle, à grands coups de sponsors dans tous les sens. Si Pierre de Coubertin savait ...

Ce matin il pleut encore. Le temps est fâché !

Les nuages bas m’accompagnent, les torrents dévalent la pente à toute vitesse … aujourd’hui est le jour où je vais franchir le col de Trom Tan, à 2 007 mètres d’altitude exactement. C’est la plus haute route du pays.

Vers le col de Tram Ton

Le trafic routier est pour ainsi dire inexistant, même les minorités ethniques de la région semblent bouder la route. Je suis tout seul !

Vers le col de Tram Ton

Les nuages bas font place à des nuages moins bas, c’est normal puisque je monte, mais plus ça va et plus les nuages sont épais : 10 mètres devant, 10 mètres derrière et le bruit du torrent en contrebas, voilà tout ce qui constitue mon monde lorsque j’atteins 1,500 mètres d’altitude. Il pleut toujours et il commence à vraiment faire froid. Là, à cet exact moment, je me suis senti un peu seul j’avoue … et j’ai aussi regretté d’avoir rangé mon polaire au fond des sacoches …

Moi qui me suis plaint de la chaleur, là je n’aurais pas dit non à un petit rayon de soleil. On n’est jamais content …

J’en finis assez péniblement avec cette montée, sans le bénéfice de la superbe vue qui d’ordinaire va avec, car il pleut toujours et tout est blanc autour. Il n’y a même pas un panneau ou quoi que ce soit qui indique le col. Il n’y a personne. Il fait 15 degrés et je grelotte. Heureusement qu’il ne reste plus que 15 km jusqu’à Sapa, en descente, soit donc une formalité d’une petite demi-heure au plus avant de m’étirer sous une bonne douche bien chaude.

Mouais, sauf que je n’avais pas prévu qu’après une montée réalisée sur une route de bonne qualité, je trouverai une route détruite dès les premiers hectomètres de la descente (photos ci-dessous). Aie, Aie, je ne suis pas arrivé …

Vers Sapa Vers Sapa

Sur ce genre de terrain, diriger mon paquebot à deux roues devient franchement acrobatique. Je galère, je prends des pierres, des flaques de boue et les freins deviennent mous, mous, mous …

C’est lorsque l’on pense que les pires conditions sont réunies, et que les instants suivants vous prouvent que non, car encore pire, c’est possible, que l’on finit par trouver un certain côté coquasse à la situation ! En l’occurrence ici, il s’agit d’un gros glissement de terrain et d’un écoulement de boue qui bloque la route. Diantre ...

La route est manifestement bloquée depuis un bon moment. Il y a un mini embouteillage d’altitude composé grosso modo de tous les véhicules à 4 roues qui m’ont doublé ET klaxonné durant les 2-3 dernières heures. Il y a aussi bon nombre de mobylettes. C’est une petite jubilation que de constater ce nivellement des vitesses, car au final, on en est tous au même point. Sauf que …

Bon évidemment il y a eu les quelques téméraires qui ont lamentablement planté leur 4x4 … et oui, il faudrait penser à chausser ces formidables machines à polluer de pneus boues, sinon à qui bon ? Et puis il y a aussi les « prolétaires » à mobylettes qui s’y mettent à six et qui finalement parviennent à franchir la mer de boue, pour constater que leur moteur est noyé … donc je me dis, en vélo, sûr que ça passe à l’aise. La douche chaude est soit 8 km devant, soit 68 km derrière, il n’y a donc pas à hésiter.

J’y vais, sous l’œil incrédule des occupants des voitures qui attendent, mais qui attendent quoi au juste ? qu’il s’arrête de pleuvoir ? Allez, j’y vais, il y a 200 mètres à franchir : ça patine, ça chasse de droite et de gauche, ça s’enfonce surtout, mais ça avance quand même, c’est miraculeux, puis je retrouve temporairement de l’adhérence en remontant un ruisseau d’écoulement, puis ça patine encore, l’équilibre est précaire, et là, d’un coup, plouf, c’est le trou. Le vélo s’enfonce dangereusement jusqu’aux moyeux dans la boue. Une boue d’une rare qualité, à la fois molle et grumeleuse, légère en surface mais collante en profondeur, du grand art, de la belle boue. J’en ai jusqu’aux deux genoux, je suis inquiet pour mes sandales car d’un mouvement malheureux je pourrais bien les perdre ici. Je ne peux à peine bouger. Je suis scotché. Pourtant j’y suis presque, il n’y a plus que 50 mètres jusqu’à la route ! D’abord j’enlève précautionneusement mes sandales, puis ensuite en m’aidant des arbres autour, j’arrache (il n’y a pas d’autres mots) le vélo de sa gangue de boue, les sacoches faisant alors plus ou moins office de flotteurs … et le tour est joué, nous voilà passés. Ah, ah !! faire la nique aux 4x4, sous leurs yeux et sur leur terrain de jeu (si, si, il y en a qui jouent avec ces machines), c’est un bonheur indescriptible.

La douche fut bonne … je l’ai savourée comme il se doit.


Samedi 9 Août : je prends quelques jours de repos à Sapa. Il ne s'est pas arrêté de pleuvoir depuis hier, c’est toujours la même pluie régulière et les mêmes nuages blancs … les 4x4 attendent ils toujours la fin du déluge ? A priori oui, puisqu’il n’y a pas d’autres routes pour venir à Sapa, à moins de repartir en arrière et de conduire la bagatelle de 1 000 km.

La nuit est tombée et il pleut toujours …


Dimanche 10 Août :
il a plu toute la nuit et il pleut toujours ... cela n'arrêtera donc jamais !

Sapa sous la pluie ... troisieme jour consecutif ...

Aujourd'hui encore, repos. Je reste au sec  ...

Alléluia, il est 15h00 et la pluie qui tombait sans discontinuer depuis 4 jours s’est enfin arrêtée. Le soleil a même tenté une timide et brève incursion avant la tombée de la nuit. Toutes ces pluies, qui ont massivement noyé tout le nord du Viêt-Nam et coupé un bon nombre de routes, sont la conséquence directe de la tempête Kammuri qui s’est échouée sur la côte Chinoise il y a quelque jours maintenant. Ce n’est donc pas un phénomène habituel ... ouf …


Lundi 11 Août : il fait beau, ou presque ; enfin au moins il ne pleut plus !! Je reprends donc la route en direction de Lao Cai, une petite étape de 46 km tout en descente. En route, je constate que pas moins d’une trentaine de glissements de terrain bloquent encore partiellement la chaussée … des engins de chantier sont au travail, et filtrent la circulation : cela me laisse donc du temps pour prendre quelques photos des montagnes alentours, littéralement recouvertes de rizières.

rizieres

J’arrive à Lao Cai vers 13h00 … j’avais prévu d’y passer la nuit avant de passer en Chine, mais le stress est tel de savoir comment cela va se dérouler, que finalement je me dirige directement vers le poste frontière, sans même prendre le temps de déjeuner.

Côté Viêt-Namien, c’est un grand bâtiment moderne, peut-être trop grand d’ailleurs, car il est à moitié vide. Je suis toujours étonné de voir à quel point il est difficile de trouver l’homme au tampon. Je le cherche, et je finis tout de même par le trouver … enfin les trouver, car ils sont trois. Mon passeport passe de mains en mains, chacun parcourt l’intégralité des pages avec un manque de soin consternant. Mon passeport va bientôt ressembler à un vieux chiffon. Et quand c’est finit, ils recommencent … ça devient agaçant. Je me hasarde à les interrompre et je finis par comprendre qu’ils cherchent mon visa Chinois. Ah oui, ce n’est pas sur ce passeport ci, c’est sur celui-là et je leur tend mon second passeport. Je sens qu’ils tiquent, donc je feins la normalité et j’ajoute : « c’est comme ça pendant les jeux olympiques » … ce qui n’a presque rien à voir. Maintenant avec mes deux passeports en main, le douanier avec le plus d’étoiles sur les épaulettes essaie plusieurs fois de les passer dans ce qui ressemble à un lecteur optique, mais ça n’a pas l’air de marcher. Le stress monte d’un cran, je suis tendu ! Un chef arrive, et il repart avec mes deux passeports à l’étage supérieur. J’attends, c’est long. J’attends encore, cela me semble durer une éternité, et le nœud à l’estomac ne se décontracte pas, loin s’en faut. Puis au bout d’une bonne vingtaine de minutes, le chef revient, donne un coup de tampon sur mon passeport et me fait un geste en direction du pont, celui qui donne accès à la Chine

Frontiere VN-Chine






Le fait marquant au
Viêt-Nam

Le Viêt-Nam marque un profond contraste avec ses deux voisins d’Asie du Sud-Est que sont la Thaïlande et le Laos. Autant dans ces deux derniers pays, le voyageur a l’impression en quelque sorte de survoler son environnement sans vraiment y avoir de prise, à la façon d’un spectateur … autant au Viêt-Nam vous avez les deux pieds dedans et vous faites partie intégrante du film. Vous vous faites accoster, bousculer, toucher et klaxonner sans arrêt. Les échanges sont nombreux. C’est une grosse différence et ce n’est pas pour me déplaire.




J'ai aimé / je n'ai pas aimé au
Viêt-Nam

j'ai aimé je n'ai pas aimé
les gens, leur curiosité et leur forte identité culturelle payer systématiquement au moins deux fois le prix normal
 les paysages montagneux du nord-ouest : fabuleux, magnifiques, magiques ... mais point de qualificatif ne leur rendra jamais justice tant ils sont saisisssants   la chaleur du mois de juillet et le vent du nord (donc contraire)
les minorités montagnardes, notamment Thaïs, avec leur culture encore très bien préservée  les klaxons absolument assourdissants, voire effrayants
les paysages de la Highway 1 : entre montagnes, rizières et dunes de sable
les camions de marque International, aux fumées particulièrement opaques (les camions Hyundai suivant de très près !!) 
les pho (soupes de nouilles), les com (riz avec une chose différente à chaque fois), le tofu et les baguettes de pain  laisser mon passeport à la réception pendant la nuit
l'absence totale de chien errants ... conséquence plus qu'évidente de leur présence sur les étals de boucherie. Qualifier un chien de saucisson ici, ce n'est pas de la moquerie, c'est de l'anticipation le sol des restaurants, qui fait office de poubelle et de crachoir : port de bottes recommandé !!
 le jus de canne à sucre le cri du cochon que l'on égorge en guise de réveil à 6h00 du matin
les vélos, les vélos, et encore des vélos  les cure-dents à bouts carrés : trop fins ils cassent, trop gros ils ne passent pas




Les informations pratiques
à propos du Viêt-Nam 

  • niveau de pollution atmosphérique : moyen à faible, surtout ne pas suivre un camion ou un bus qui monte une côte.
  • météo en Juillet/Août 2008 : TRÈS chaud et sec jusqu'à Hanoi. Depuis il fait toujours aussi chaud mais il pleut davantage.
  • état des routes : bon jusqu’à Son La, très mauvais ensuite (QL 6) …
  • densité du trafic : moyenne.
  • comportements sur la route : le meilleur qualificatif, c'est AS-SOUR-DIS-SANT. Il faut l’entendre pour le croire : 140 dB au bas mot et 200 dB pour les cas extrêmes. Il est même possible de ressentir la vibration propre de chacun de ses tympans. Le coup de Klaxon peut être saccadé, en longueur, en rafales, avoir 2 tons, 3 tons ou être façon tour de France … mais il ne se passe jamais plus de quelques secondes sans qu’il y en ait un qui réponde à un autre et ainsi de suite. C’est usant. Mais hormis ce « concert » continuel, les comportements sur la route sont bons, les vitesses faibles et tout le monde cohabite avec un certain respect mutuel.
  • traits de caractère : curieux, déterminés, travailleurs, amicaux, familiers, tactiles, bruyants, parlant fort et vitupérant gaiement … ils essaient aussi sans cesse de maximiser leur profit en majorant les prix, mais peut-on les en blâmer ?
  • hospitalité : bonne.
  • cuisine : des soupes de nouilles (les fameux Pho), des plats de riz accompagné de bœuf surtout, mais aussi de tofu, poulet, canard, porc ou même chèvre ! Il y a des nems dans la région de Hanoi … et aussi du chien, que l’on trouve grillé sur les marchés, la tête posée à côté du corps !! Concernant les chiens, et puisque jusqu’ici je n’ai pas eu d’alerte sérieuse au niveau des mollets, j’ai tenu à ne pas rompre ce pacte de non-agression tacite avec la gente canine, je n’ai donc pas –sciemment- mangé du chien.
  • quelques prix : le litre d'eau potable = 10 000 Dôngs, un repas dans la rue = 40 000 - 80 000 Dôngs, et une nuit en hotel standard = 200 000 Dôngs.
  • dépenses moyennes par jour : 480 000 Dôngs, soit ~ 18 Euros/jour (+20% par rapport au budget). Il est possible de faire beaucoup moins cher, en négociant chaque achat, chaque bouteille d'eau et chaque soupe, ce que je n'ai pas eu le courage de faire.
  • la langue : Xin tao (bonjour) et Cam on (merci).
  • la phrase qui sauve : Tchoeuille (mon Dieu) ... pour exprimer sa surprise devant une facture exagérément gonflée (soit entre 2 et 10 fois le prix normal).
  • le mot le plus entendu : Oeuille ou son equivalent onomatopéen Oi ... qui doit signifier tout à la fois bonjour, ça va ? au revoir, merci et il est fou de faire du vélo par cette chaleur.
  • les prénoms : Tchiu pour un homme et Phuong pour une femme.

vers le carnet précédent : le Laos *** vers le carnet suivant : la Chine




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