Rose des Vents

    Aventures Bicyclétales ...

Evolution
Voyager vers l'inconnu, rencontrer les Hommes, respecter la Terre !!
 Accueil
Le carnet de voyage en Inde du Nord ...                  (1 069 km / 06-27 Novembre 2008)
 Les carnets de voyage
 << Avant *** Après >>

I        Inde 
.



Les informations générales (valides en Novembre 2008)

  • Capitale : New Delhi.
  • Superficie : ~ 3,287,590 km2 (= 5 x France).
  • Population : ~ 1,095 millions d'habitants (= 17 x France).
  • Densité : 324 habitants/km2.
  • Langue : Hindi et Anglais.
  • Principales religions : Hindouisme (82%), Islam (12%), Christianisme (2%) et Sikhisme (2%).
  • Indice de Développement Humain (IDH) : 0.611, soit le 126ème pays sur 177. Qu'est-ce-que l'IDH ?
  • Système politique : République fédérale.
  • Présidente : Pratibha Patil (depuis Juillet 2007).
  • Premier ministre : Manmohan Singh (depuis Mai 2004).
  • Taux de croissance 2007 : 7.3%.
  • Monnaie : Roupie Indienne (INR), 1 Euro = ~ 60 Roupies.
  • Principaux produits importés : pétrole, pierres précieuses, produits chimiques et matériels informatiques.
  • Principaux produits exportés : bijoux, carburant, vêtements, tissus et produits chimiques organiques.



La carte de l'Inde avec l'itinéraire suivi (en vert)


Inde


Le récit du voyage en Inde du Nord avec les meilleures photos :

Jeudi 6 Novembre : je traverse ce matin la frontière Népalo-Indienne de Mahendranagar-Banbasa. L’endroit est étonnamment calme, il n’y a pas de camion de marchandise et il n’y a pour ainsi dire aucun trafic. Le douanier Népalais dort à l’arrière de sa petite cabane, en retrait de la route, il a une grippe et n’est pas au mieux. Il me demande un document que l’on aurait dû me donner en entrant dans le pays, mais j’en suis sûr, on ne me l’a pas donné. Je suis bon pour une mini-amende, c’est un moindre mal … je lui fais remarquer au passage que c’est un bon business : les douaniers à l’entrée ne donnent pas le papier que ceux à la sortie demandent, et c’est 100 Roupies de gagnées à chaque fois. Comme il est sympathique et malade, je n’insiste pas …

Du côté Indien, je passe devant le poste d’immigration sans le voir. Je l’ai confondu avec un restaurant … je fais demi-tour et je présente mon passeport aux douaniers. Les formalités sont longues, j'ai l'impression qu’ils apprennent mon passeport par cœur, ou alors qu'ils essaient de lire à travers le papier ! Non vraiment, je ne vois pas ce qui leur prend autant de temps. Après 10 minutes d’examen approfondi, je demande si il y a un problème, si ils ont besoin d’aide ou d’explications ? Non, non, c’est juste que mon visa expire dans trois semaines, et ça va être court pour visiter toute l’Inde, surtout en vélo. Je confirme cette évidence, mais comme je vais me contenter des provinces du grand nord (Uttarankhand, Himachal Pradesh et Punjab), cela devrait être suffisant. Ils approuvent …

J’obtiens mon tampon et je remonte sur mon vélo. L’Inde, ça commence donc maintenant !! J’ai quelques appréhensions après tout ce que j’ai pu entendre ces dernières semaines à propos de la circulation dans ce pays. J’avoue y aller franchement à reculons … je respire profondément et je m’attends à être submergé par la masse !

Mais voilà, la masse n’est pas là, le milliard et quelques d’Indiens n’ont pas fait le déplacement pour m’accueillir à la frontière … et cette partie de l’Inde ressemble en fait beaucoup au Népal, c’est donc une transition en douceur.

La route est bonne, elle est ombragée par deux rangées d’arbres, des enfants rentrent de l’école (ils sont au moins 10 sur le rickshaw ci-dessous) et je me sens comme un poisson dans l’eau. Si les routes en Inde sont toutes comme celle-ci, je vais me régaler …

Richskaw revenant de l'ecole ...

Je me suis en fait peut-être un peu vite enflammé, car en approchant des villes, tout devient beaucoup plus compliqué : il y a de la poussière, le trafic est fortement chargé et les comportements des chauffeurs sont franchement erratiques. C’est d’ailleurs aujourd’hui en sortant de ma seconde ville Indienne que j’ai eu le premier accrochage de mon voyage. J’avoue ne pas avoir bien compris ce qui s’est passé, je doublais un vélo et puis soudainement une Jeep a surgi au milieu de la route et m’a percuté à l’avant droit. Ma sacoche avant a volé et je me suis échoué un peu plus loin sur la gauche, sans toutefois tomber.

Plus de peur que de mal, je ne cherche même pas à m’expliquer avec le chauffeur, car vélo contre voiture, je dois forcément avoir tord. Je récupère ma sacoche qui ne semble pas avoir trop souffert du vol plané, je la raccroche et je repars avant que les curieux ne m’encerclent totalement.

Un accrochage en Inde, je me dis que cela doit faire partie des figures imposées d’un voyage en vélo, donc autant que ça arrive le plus tôt possible et que cela se passe sans trop de mal. Je m’arrête un peu plus loin pour réaligner mon guidon et constater que le système de fixation de ma sacoche a encaissé le choc sans broncher … par contre mon pot de lessive a explosé à l'interieur et il y a de la poudre absolument partout : nettoyage en vue ce soir !!

Cela m’occupe une bonne partie de la soirée, la poudre colle … et je m’attends à voir ma sacoche mousser dès la prochaine averse qui me tombera dessus !! Affaire à suivre. Du coup je n’ai plus le temps de mettre mes horloges à l’heure ce soir, 15 minutes de moins, soit maintenant 4h30 de décalage avec l’heure d’hiver de la France. Je décide en fait de rester 15 minutes en avance sur l’heure officielle Indienne, ce qui compte-tenu du nombre limité de rendez-vous auxquels je dois me rendre, ne devrait pas me poser trop de problèmes …


Vendredi 7 Novembre : la route est plate et aujourd’hui j’augmente un peu le rythme. En arrivant à Afzalgarh, j’ai couvert un peu plus de 110 km depuis ce matin … mais la route demande toujours une grande attention, et après ma mésaventure d'hier, je suis concentré comme jamais.

A l’heure de trouver un toit pour la nuit, je ne trouve rien dans le village d’Afzalgarh. Je demande à droite et à gauche, mais rien, rien de rien … je continue à demander et finalement on me recommande la Dharamsala, littéralement l’auberge des pèlerins, mais elle est fermée. Quelques minutes plus tard on m’enjoint de suivre une mobylette qui m’emmène dans une rue adjacente. Je vais dormir là m’informe t’on, dans la résidence du chef spirituel Sikh du village !

C’est l’occasion de rafraichir mes connaissances sur la religion Sikh, fortement représentée dans le nord du pays, surtout dans la province du Punjab au niveau de la frontière avec le Pakistan. Cette religion est relativement récente, elle ne date que du XVème siècle. Les Sikhs croient en un Dieu, dans le concept de la réincarnation et dans la valeur du Karma … mais ils rejettent la vénération des idoles, donc leurs temples -les Gurdwaras- sont généralement vides. Le concept de Khalsa est fondamental chez les Sikhs, c’est la croyance qu’il existe une race de « soldats saints » respectant un code moral strict (sans tabac, alcool, ni drogue) et s’engageant dans une croisade de vertu. Il y a cinq emblèmes qui permettent de les identifier : leur barbe et leur cheveux non coupés, le peigne maintenant leurs cheveux en place, le caleçon bouffant, le bracelet d'acier et la dague autour de la taille.

Après une bonne douche et une petite collation, je suis invité à monter dans le 4x4 familial, manifestement grand sujet de fierté, pour un petit tour de la ville et une visite rapide du Gurdwara local. De retour au domicile de mon hôte, le diner est servi. C’est un excellent mélange de légumes cuits à la vapeur avec du riz et des chapatis (une sorte de crêpe). Après le diner, c’est l’heure de la musique : tout le monde s’assoit par terre, attrape un instrument (que je serais bien en peine de nommer tant ils ne ressemblent à rien de ce que je connais) et commence à jouer et à chanter. Cela durera une heure, après quoi chacun ira se coucher.

Ci-contre, avec Coolpit, Sunny et Gulprit (d'ordinaire bien plus souriants que sur la photo) juste avant mon départ le lendemain matin.
Afzalgarh


Samedi 8 Novembre : je continue sur ma lancée d’hier et je prévois couvrir les 125 km qui me séparent d’Haridwar aujourd’hui. Je pars tôt, la route est plate mais il y a du vent … beaucoup de vent, et je me retrouve à faire la locomotive pour les quelques cyclistes Indiens qui profitent de mon passage pour se blottir dans mon aspiration ! C’est une première, celle-là, on ne me l’avait pas encore faite !!

La route traverse le Parc National de Rajaji, et j’imagine que cela explique la présence des nombreux singes au bord de la route, alignés à la manière de spectateurs, assis tranquillement les uns à côté des autres et regardant passer la circulation … et puis en arrivant près de Haridwar, il y a même un groupe d’éléphants sauvages qui traverse la chaussée !! L’embouteillage est inévitable, et un concert de klaxons surpuissants ne tarde pas à se faire entendre. Les Indiens, une fois installés derrière un volant ou un guidon, sont particulièrement impatients.

Haridwar est une ville de taille moyenne, à l’échelle de l’Inde s’entend, avec une population d'un peu plus de 200 000 habitants. Ses rues sont très bruyantes et sont en permanence encombrées d’une multitude de véhicules, d’animaux, de magasins ambulants et de piétons ...

Hardiwar Hardiwar

Rickshaw


Ci-dessous à gauche, deux affiches de films en ce moment à l’écran dans les cinémas d'Haridwar.

Hardiwar Hardiwar

L’industrie cinématographique Indienne, surnommée Bollywood, produit environ 900 films par an. C’est actuellement la plus prolifique dans le monde et également celle qui touche la plus large audience, avec 3.7 milliards de spectateurs contre "seulement" 2.6 milliards pour Hollywood.


Ci-dessous, une scene de rue dans upper road ...

Hardiwar


Haridwar est située à l’endroit où le Gange émerge de l’Himalaya, c’est l’une des 7 villes saintes de l’Hindouisme, et en tant que telle elle attire de nombreux pèlerins qui viennent se baigner dans les eaux tumultueuses du fleuve sacré.


Har-ki-Pairi Ghat

Ci-dessus et ci-dessous, le Ghat Har-ki-Pairi, où la légende veut que Vishnu (le Dieu protecteur de tout ce qui est bon en ce monde) ait déposé une goutte de nectar sacré et ait laissé une empreinte de pas derrière lui. C’est l’endroit le plus approprié pour se baigner et efficacement s’affranchir de ses pêchers … 

Har-ki-Pairi Ghat

Ci-dessous, un autre Ghat également populaire avec un temple haut en couleur juste derrière.

Hardiwar


Lundi 10 Novembre :
je quitte ce matin Haridwar pour Rishikesh, c'est une petite étape de 30 km seulement en remontant le cours du Gange.

Rishikesh est la capitale internationale -autoproclamée- du Yoga ... et concentre un nombre impressionnants d'Ashrams, de Sadhus (hommes saints), de pèlerins et de touristes en quête spirituelle. Cette « spécialisation yogi » remonterait à la fin des années 60, suite au séjour prolifique des Beatles dans l’Ashram de Maharishi Malesh Yogi, où ils auraient écrit la plupart des chansons de leur double album White.

Ci-dessous, face au Gange, le temple Hindou de Shri Trayanbakshwar.

Rishikesh


Ci-dessous, l'Ashram Parmarth Niketan ...


Swarg Ashram

Ci-dessous à gauche, des pèlerins en visite ... et à droite, Hanuman, le Roi des Singes (qui symbolise le dévouement) et en bleu, je pense qu’il s’agit de Krishna, l’incarnation de Vishnu envoyée sur terre pour protéger le Bien et combattre le Mal.
 
Swarg Ashram Hanuman et ... Krishna

L’hindouisme est une religion où il est difficile de s’y retrouver pour un néophyte. Tous les Dieux sont des manifestations d’un Dieu unique, Brahman, représenté principalement -mais pas exclusivement- par Brahma (Dieu de la création), Vishnu (Dieu du Bien) et Shiva (Dieu de la destruction … et donc source de la création). Chacun de ces Dieux ont à leur tour plusieurs représentations et prennent ainsi de multiples apparences … avec un nombre de bras et de têtes toujours très variable.

? ??


Mercredi 12 Novembre : je fais escale ce soir à Ponta Sahib, petite ville devenue célèbre au sein de la communauté Sikh comme étant l’endroit où le 10ème gourou, Gobind Singh, passa son enfance.

Ci-dessous, en bonne compagnie lors de mon arrivée à Ponta Sahib ! Mon vélo intrigue toujours autant, et puis qu’est ce qu’il y a dans tous ces bagages ? Il est vrai que moi-même, parfois, je me le demande ...

Ponta Sahib


Comme à Haridwar quelques jours plus tôt, ce soir il y a une parade géante qui traverse la ville, avec des chariots décorés, plusieurs orchestres, des simulations de combats et même des chameaux !! 
C’est assez inattendu …

Ponta Sahib Ponta Sahib

Ponta Sahib Ponta Sahib


Jeudi 13 Novembre : depuis hier déjà je longe de très près la base de l’Himalaya, et à plusieurs reprises je me retrouve à escalader des pentes bien plus pentues que de raison. C’est du tout ou rien, ou bien c’est plat, ou bien cela monte à 10%. La route est en mauvais état : il y a des trous partout, parfois plus de trous que de route d’ailleurs, et il y a de la poussière, beaucoup de poussière … ça croque sous les dents, et vraiment je n’aime pas ça !

Ci-dessous à gauche, en arrivant à Chandigarh, un panneau informant de la dangerosité du secteur … et à droite, une publicité pour les vélos de la marque « Hero » ! De là à dire qu’il faut être un héro pour faire du vélo en Inde, il n’y a qu’un pas …

Attention Danger !!Les heros font du velo  !!


Chandigarh est une grande agglomération abritant près d’un million d’habitants. C’est une ville moderne (voulue moderne) qui a été construite à la suite de l’Indépendance de l’Inde et de la partition avec le Pakistan. Le Corbusier, le célèbre architecte Franco-Suisse, s’est attelé à la tache et a crée une ville originale, aérée, avec des rues à angle droits, des ronds-points, des bâtiments peu élevés et de très nombreux parcs … soit tout le contraire de ce que j’ai pu rencontrer en Inde jusqu’ici !!

Le résultat est pourtant globalement décevant, la ville a un air de « pas fini » et en même temps certains édifices semblent déjà prêts à s’écrouler. C’est, je crois, ce que l’on appelle le « ni fait ni à faire ». Et puis certaines anomalies semblent assez difficiles à expliquer pour une ville qui se voulait « l’expression de la foi de l’Inde dans l’avenir » … en effet, les trottoirs pour piétons sont généralement absents, tout comme les panneaux de direction autour des innombrables ronds-points de la ville.


Samedi 15 Novembre : tout comme j’ai eu les pires peines du monde pour trouver mon chemin à travers la jungle des ronds-points en arrivant à Chandigarh, ce matin, je reprends le problème à l’envers et j’essaie de quitter la ville, si possible dans la bonne direction. Sans panneau, j’en suis réduit à demander mon chemin tous les 200 m, avec des réponses parfois peu assurées et souvent contradictoires. Dans une pareille situation, la boussole est ma meilleure alliée et après 15 km de zigzags, je finis par trouver la route, ma route, celle qui va en direction de Anandpur Sahib.

Cette route, encore diablement poussiéreuse aujourd’hui -qu’est ce que j’en mange- est bordée d’une foultitude de Gurdwaras plus blancs et plus majestueux les uns que les autres …

Anandpur

… et pour cause, car Anandpur Sahib n’est autre que la seconde ville sainte Sikh du pays.

Anandpur Anandpur

Ci-dessous, le Gurdwara Kesgarh Sahib ...

Anandpur


Dimanche 16 Novembre : la route est propre aujourd’hui, et c’est la première fois depuis bien longtemps. La chaussée est large, les accotements sont bitumés, les panneaux sont nombreux et c’est un vrai plaisir que d’enchainer les kilomètres dans ces conditions. Je ne tarde toutefois pas à comprendre d’où vient cette mini-révolution … la construction et l’exploitation –payante évidemment- ont été sous-traitées à une société privée. Il n’y a pas de miracle …

Ci-dessous à gauche, un panneau de signalisation de la société Rohan Rajdeep, exploitant de la route allant de Anandpur Sahib à Una … et à droite, le premier panneau indiquant la direction de Dharamsala.

Ne pas doubler !! Tout droit

Je tiens à préciser que le panneau d’interdiction de doubler n’est pas caricatural, et si les pointes des deux flèches convergent, c’est parce que le véhicule doublé a tout intérêt à ralentir et à céder le passage, sans quoi l’accrochage est souvent inévitable. La queue de poisson est un art national en Inde, pratiqué à l’envie et sans retenue. Les chauffeurs de camions et de bus conduisent avec cette idée pré et mal conçue que le gabarit de leur véhicule se termine juste derrière le dossier de leur siège … ce qui n’est évidemment pas vraiment le cas.


Lundi 17 Novembre : hier j’ai bien grimpé en fin de journée et ce matin je pars d’un peu plus de 1 000 m d’altitude. Comme Dharamsala n’est situé qu’à 1 200 m, je pense avoir déjà fait l’essentiel ...

Erreur ! Grossière erreur !! Après seulement une petite demi-heure de route, je suis redescendu à 500 m … et tout est à refaire, et à refaire encore. 

Et ca monte ...

Je grimpe au final plus de 1 000 m pour revenir à mon altitude de départ. Les pentes sont raides, l’Himalaya se dessine progressivement au loin, et c’est un mur vertical qui apparaît, avec des pics largement au-delà de 5 000 m. Quand j’arrive à Dharamsala, je réalise que les hôtels sont tous regroupés dans le petit village de Mc Leod Ganj, en surplomb de la ville, à 1 800 m d'altitude, soit 600 m plus haut … c'est à dire 600 m de plus ...

Hop hop McLeodGanj


Mardi 18 Novembre - Samedi 22 Novembre : 
Dharamsala, c’est un véritable oasis de liberté pour les Tibétains, juste au pied de l’Himalaya et à l’abri de l’oppression Chinoise ! Le Dalai Lama y a obtenu l’asile politique en 1959 après avoir fuit les atrocités perpétrées par l’armée Chinoise, et notamment le bombardement de sa propre résidence dans laquelle des centaines de Tibétains périrent. Les autorités Chinoises ont prétendu pendant des années que le Dalai Lama avait été kidnappé par des rebelles mal intentionnés, la culture du déni à la vie dure …

Ci-dessous, au pied de la résidence du Dalai Lama, située un peu plus haut à flanc de colline.

Le Kora autour de la residence du Dalai Lama

Dharamsala est également le siège officiel du gouvernement Tibétain en exil, avec une équipe de politiciens et d’experts se battant pour la libération du Tibet et l’amélioration des conditions de vie des quelques 250 000 réfugiés vivant en Inde et au Népal … avec l’espoir un peu fou de retraverser un jour ces montagnes (photo ci-dessous) et de retourner vivre en liberté sur leurs terres.

Lever du soleil ...

Ci-dessous, un panneau demandant la libération du 11ème Panchen Lama. Celui que l'on appelle aussi l'enfant volé, est détenu en Chine avec sa famille depuis 1995. Il est emprisonné depuis l'âge de 6 ans !

Panchen Lama Bougies

Ci-dessous, des appels à démonstration pour le Tibet pendant les Jeux Olympiques de Pékin.

Mass protests ... Beijing 2008

Ci-dessous, un moine-peintre avec « release political prisonners » (relâchez les prisonniers politiques) écrit sur le dos de son T-shirt. Il y aurait aujourd’hui plusieurs centaines de prisonniers politiques au Tibet, dont une forte proportion de moines et de nonnes bouddhistes.
Release Political prisonners Release Political Prisonners

L'invasion du Tibet par la Chine s'est accompagnée d'une annihilation systématique du mode de vie et de la culture Tibétaine. Les chiffres à ce sujet donnent le tournis : entre 600 000 et 1 200 000 de morts (sur une population de 6 millions de personnes), la destruction de 6 000 monastères et au final la disparition de près de 90% de l’héritage culturel du pays.

Malgré tous les crimes commis par la Chine au Tibet, le Dalai Lama est toujours resté fidèle à sa politique de non violence, allant jusqu’à déclarer qu’il n’a jamais pu haïr les Chinois, car selon lui, c’est leur ignorance qui motive leur violence. En véritable sage, il considère son ennemi comme son plus grand ami, voyant en lui le moyen de développer patience et compassion.

La Chine n’a jamais pu, ni su, ni voulu, s’élever à un tel niveau de sagesse et les discussions entre les représentants du Dalai Lama et le gouvernement Chinois viennent de s’achever sur une impasse. Cela remet en cause le bien-fondé de la stratégie du Dalai Lama, privilégiant une autonomie relative au sein de la République Populaire de Chine en lieu et place d’une indépendance pure et simple. Le gouvernement en exil vient d’ailleurs d’organiser un colloque de plusieurs jours avec les délégués des différentes communautés Tibétaines en exil afin de débattre d’un éventuel changement de stratégie. Le résultat de ce colloque a été communiqué aujourd’hui Samedi 22 Novembre : les Tibétains en exil souhaitent poursuivre la stratégie définie par le Dalai Lama. Le combat continue …

Ci-dessous, de jeunes moines Tibétains. Il est à noter qu’en quelques jours seulement à Dharamsala, j’ai rencontré bien plus de moines Tibétains que pendant le mois entier que j'ai passé au Tibet ... 

Petits Moines ... deviendront grands

Ci-dessous, le monastère Tsechokling de Mac Leod Ganj. A la différence des monastères du Tibet, ici il y a des moines –en liberté-, il y a le drapeau du Tibet qui flotte sur le toit, il y a le portrait du Dalai Lama devant la représentation du Bouddha (ci-dessous à droite) … et il n’y a pas de poste de police Chinois à l’entrée !!

Monastere Tsechokling Monastere Tsechokling


Dimanche 23 Novembre :
je quitte Mac Leod Ganj ce matin, et je descends précipitamment du haut des montagnes, encouragé que j’ai été d’emprunter un drôle de raccourci avec des pentes allant jusqu’à -22% !! Compte-tenu du poids de mon vélo -un bon 55 kg- c’est absolument indescendable. Les freins, ces quatre malheureux petits patins ne peuvent qu’à peine me ralentir sur un tel dénivelé … donc je marche. Comme il fait plutôt froid ce matin, c’est aussi bien ainsi, ça me permet de me réchauffer en douceur.

Ci-dessous, dans la vallée au pied des montagnes de Dharamsala et Mac Leod Ganj.

Retour au niveau 0 ...

Cinq jours sans pédaler, c'est long, et j’avoue que je suis content de me remettre en route aujourd’hui ; je déborde d’énergie à convertir en kilomètres ...

J’arrive à Pathankot (90 km) vers 14h00, mais plutôt que d’y passer la nuit comme prévu, je continue plus en avant … tout simplement parce que je n’en ai pas encore eu assez. Au final, je parcoure 40 km de plus et je passe la nuit à Gurdaspur, dans la dharamsala du village (littéralement la maison des pèlerins) pour la modique somme de 15 Roupies, c'est-à-dire environ 30 centimes d’Euros : moins cher, ce serait gratuit !


Lundi 24 Novembre : après avoir bien roulé hier, il ne me reste plus que 75 km aujourd’hui pour arriver à Amritsar. C’est donc une petite journée, mais c’est une journée éprouvante du fait de l’intensité du trafic, de la poussière et de ces bus qui n’en finissent pas de conduire n’importe comment, terrorisant l’ensemble des autres usagers …

Ci-dessous à gauche, l’entrée de la dharamsala de Gurdaspur ... et à droite, un temple Hindou au bord de la NH15.

Dharamsala Temple Hindou


J'arrive à Amritsar en début d'après-midi, et je ne tarde pas à me rendre compte que c’est la plus grande ville Indienne de mon voyage, avec plus d’un million d’habitants … et de la poussière, encore de la poussière, toujours de la poussière.

Amritsar


Mardi 25 Novembre : Amritsar a été fondé en 1577 par le quatrième Gourou Sikh, Ram Das, et la ville abrite ce qu’il est maintenant communément appelé le Temple Doré, le temple Sikh le plus vénéré de tout le pays, ce qui fait d’Amritsar la ville sainte Sikh par excellence.

Ci-dessous, l'entrée Est du Temple Doré, avec quelques pèlerins se baignant dans les eaux sacrées du lac.

Golden Temple

Tête couverte et pieds nus sont obligatoires pour pénétrer dans l’enceinte du Temple …

Golden Temple Golden Temple

Et voici donc le Temple Doré en tant que tel, situé au centre du complexe et dont l’image se réfléchit dans les eaux sacrées du lac.

Golden Temple

L’histoire de ce temple est à l’image de l’histoire mouvementée de la communauté Sikh, et des persécutions subies depuis des siècles. Le temple fut en effet détruit une première fois en 1761 par les Mughals musulmans … et il fut à nouveau fortement endommagé en 1984 par l’intervention musclée de l’armée Indienne, venue déloger des indépendantistes Sikhs réclamant la création d’un état indépendant. Indira Gandhi, Premier Ministre à l’époque et responsable de l’intervention militaire controversée, fut ensuite assassinée par son garde du corps Sikh. Que la violence engendre la violence n’est plus à prouver, et le Mahatma Gandhi (sans lien familial avec Indira Gandhi), apôtre de la non violence, lui-même assassiné, n’en finit plus de se retourner dans sa tombe. Quel monde ...

Golden Temple


Mercredi 26 Novembre : je continue la visite d'Amritsar ... une ville historiquement riche, comme le mur ci-contre en atteste.

Ce mur est situé au fond du parc Jallianwala Bagh, il porte des impacts de balles témoignant du carnage perpétré par les troupes Britanniques du Général Dyer en 1919, à l'encontre d'une foule Indienne protestant pacifiquement contre le Rowlatt Act (une loi permettant aux autorités Britanniques d’emprisonner sans procès les Indiens suspectés de sédition).

20 000 personnes s’étaient rassemblées dans ce parc, entouré de hauts murs et avec pour seul accès une étroite ruelle. Le Général Dyer y pénétra avec 150 soldats et donna l’ordre de tirer dans le tas. Après seulement 6 minutes, il y avait 400 morts et 1 500 blessés. Une pure folie …

… dont le seul résultat tangible fut de galvaniser le nationalisme Indien. Gandhi répondit avec son programme de désobéissance civile, annonçant que toute forme de coopération avec ce gouvernement satanique était un péché. 
Dyer ce fou !

L'Inde obtint finalement son indépendance en 1947, au prix d’une douloureuse partition entre les provinces à majorité Hindoue (l’Inde d’aujourd’hui) et les provinces à majorité Musulmane (le Pakistan et le Bangladesh). Cette partition s’est accompagnée d’un incroyable mouvement de population, notamment dans le Punjab, où les deux principales villes de la province, Amritsar et Lahore, se retrouvèrent chacune d’un côté de la frontière. 10 millions d’Hindous, de Sikhs et de Musulmans effectuèrent alors un gigantesque chassé-croisé pour que chacun puisse rejoindre son « camp » … un chassé-croisé durant lequel 500 000 personnes périrent victimes de violences raciales !! Une sauvagerie sans nom qui encouragera l'Inde et le Pakistan à se doter rapidement de l’arme atomique, et à se déchirer avec acharnement pour le Cachemire, par principe.

A la UNE : ce soir, il y a quelques heures seulement, une série d’attentats à Bombay ont fait une centaine de morts et plus de 300 blessés … et l’Inde, à tord ou à raison, pointe déjà du doigt en direction du Pakistan !


Jeudi 27 Novembre : je quitte l'Inde ce matin, et je traverse la frontière avec le Pakistan au niveau de la ville de Wagah, le seul point de passage entre les deux pays.

India Pak border




Le fait marquant en Inde du Nord


C’est assurément l’ensemble des véhicules, des personnes et des animaux qui circulent ou stationnent sur les routes. S’attendre à l’inattendu et prévoir l’imprévisible font partie des règles de base, et cela demande autant d’attention que d’imagination. Cela peut aussi bien être deux camions qui débouchent de front d’un virage en aveugle, un bus qui double un camion qui double un rickshaw qui double un vélo qui double un piéton, un troupeau de chèvres ou de moutons, des vaches, des ânes, des chevaux tirant des calèches, quelques chameaux, trois ou quatre éléphants égarés, des singes, un pont écroulé, une route inondée, une route détruite, un arbre couché … ou encore un bus en panne avec 80 personnes autour, ou un camion en cours de réparation avec moteur et boite de vitesses éparpillés sur la chaussée dans un bain d’huile. Tout est possible, tout peut arriver … et donc tout arrive. Le classique des classiques, c’est la juxtaposition simultanée d’un ensemble de véhicules doublant et doublés dans les deux sens de circulation, avec un usage maximal de la largeur de la route et de l’accotement, le tout bien évidemment dans un concert de klaxons surdécibélisés destinés à impressionner son prochain. Au final, c'est terriblement épuisant ...




J'ai aimé / je n'ai pas aimé en Inde du Nord


j'ai aimé je n'ai pas aimé

les gens

la POUSSIERE

les couleurs vives le ciel gris
les Gurdwaras blancs les comportements dangereux sur la route
la cuisine et les pâtisseries l'effacement des femmes en général
le thé sucré au lait cet acteur Bollywoodien qui réussit la performance rare d’être sur plusieurs chaines de TV en même temps, sauvant le monde sur l’une et vantant les mérites de savonnettes à la lavande sur une autre. Pathétique …
les singes, les éléphants, les aigles et les perroquets en bord de route




Les informations pratiques
à propos de l'Inde du Nord
.
  • niveau de pollution atmosphérique : mauvais, surtout à cause de la quantité de poussière dans l’air.
  • météo en Novembre 2008 : du soleil, du soleil et encore du soleil. Ce fut parfait.
  • état des routes : moyen à mauvais, certaines routes ne sont que des enchainements de bosses et de trous ... et la poussière y est véritablement insupportable.
  • densité du trafic : moyen à élevé, surtout à l'approche des villes.
  • comportements sur la route : mauvais et dangereux, mais moins pire qu'anticipé ...
  • traits de caractère : impatients, religieux, fiers, polis, anglophones, curieux mais pas si intrusifs, et (pour les enfants) bien élevés.
  • hospitalité : bonne.
  • cuisine : excellente, j'ai beaucoup aimé. Majoritairement végétarienne, avec des lentilles, des pommes de terre, des épices, du riz, du pain, du fromage, du yaourt, des beignets et une grande variété de pâtisseries délicieusement sucrées ... .

  • quelques prix : le litre d'eau potable = 15 Rps, un repas dans la rue = 50-100 Rps et une nuit en auberge standard = 300-500 Rps.
  • dépenses moyennes par jour : 11 Euros/jour.
  • la langue : namaste (bonjour) et danivat (merci) ... comme au Népal.
  • les phrases les plus entendues : "you coming from ?" (d'où viens tu ?) ... et puis "where you going ?" (où vas tu ?) "Your name ?" (ton nom ?) "How much the cycle ?" (combien  coûte le vélo ?) ...
  • les prénoms : Kulprij pour un homme et pour une femme, je ne sais pas ... je n'en ai pas rencontré, elles ne semblent pas avoir de rôle en dehors du foyer familial.

vers le carnet précédent : le Népal *** vers le carnet suivant : le Pakistan



.
Tous droits réservés : Copyrights © 2007-2008  Frédéric LINGET