Rose des Vents

    Aventures Bicyclétales ...

Evolution
Voyager vers l'inconnu, rencontrer les Hommes, respecter la Terre !!
 Accueil
Le carnet de voyage en France ...                              (1 414 km / 31 Mai - 26 Juin 2009)
 Les carnets de voyage
 << Avant *** -

F       France 
.



Les informations générales (valides en Juin 2009)

  • Capitale : Paris.
  • Superficie : 675,417 km2.
  • Population : ~ 64 millions d'habitants.
  • Densité : 95 habitants / km2.
  • Langue : Français.
  • Principales religions : Catholicisme (65%), Athéisme (25%), Islam (5%), Protestantisme (3%) et autres (2%).
  • Indice de Développement Humain (IDH) : 0.955, soit le 11ème pays sur 177. Qu'est-ce-que l'IDH ?
  • Système politique : République.
  • Président : Nicolas Sarkozy (depuis Mai 2007).
  • Premier ministre : François Fillon (depuis Mai 2007).
  • Taux de croissance 2007 : 1.8%.
  • Monnaie : Euro.
  • Principaux produits importés : pétrole, machines et équipements, véhicules et biens de consommation.
  • Principaux produits exportés : produits agricoles, matériels telecom / électroniques, voitures, aérospatiale et armement.



La carte de la France avec l'itinéraire suivi (en vert)


France



Le récit du voyage en France avec les meilleures photos :

Dimanche 31 Mai : 11h45, Vintimille, Italie. Christophe est bien là au rendez-vous ! Après Grégoire en Bosnie, c’est le deuxième ami que je rencontre sur ma route. Le plaisir de se retrouver est intense et l’émotion est grande …

...
accessoirement maintenant la France n’est plus distante que de quelques coups de pédales ...

Nous franchissons ensemble la frontière Française en suivant la côte, la mer Méditerranée s’étire sur ma gauche et j’ai maintenant les deux roues en France … mais pour quelques minutes seulement puisque notre route passe par Monaco !

Monaco ... peut-on imaginer un endroit plus hideux et plus artificiel que Monaco ? Cela me semble difficile. La principauté cumule d’inquiétantes tares : une superficie ridicule (2 km2), une urbanisation extrêmement dense et majoritairement verticale, des routes partout les unes sur les autres ... et même un circuit de formule 1. Monaco se distingue aussi régulièrement en se retrouvant en tête de liste des rapports dénonçant les paradis fiscaux (cf. la liste de l’OCDE publiée en avril 2009).

Le principal avantage de Monaco, c’est finalement sa taille réduite, car sitôt entré - sitôt sorti … il n’est donc pas nécessaire de s’y attarder. De retour en France après ce bref interlude Monégasque, nous longeons toujours la côte méditerranéenne et nous nous dirigeons vers Nice. La route est assez passante et nous circulons alternativement en file indienne ou à deux de front … ce qui est tout de même plus commode pour discuter, et Dieu sait que nous avons des choses à nous raconter.

Pourtant, ce qui devait arriver arriva, après avoir été frôlés plusieurs fois par des automobilistes peu respectueux et ignorants de leurs obligations (1, nous dépasser à vitesse réduite en vertu de l’article R413-17 III du code de la route et 2, nous laisser 1.5m de marge latéralement pour un dépassement hors agglomération en vertu de l’article R414-4 IV du code de la route) … nous nous faisons agresser par un excité du klaxon qui doit s’imaginer être prioritaire sur les vélos. Je regarde de côté et j’aperçois alors l’avant d’un véhicule bleu marine … je vois aussi Christophe effectuer un geste de la main qui me semble être une réponse du berger à la bergère … le véhicule avance à notre niveau, c’est un véhicule de la gendarmerie !! Diantre, enfer et damnation. Nous nous faisons alors vertement sermonner par le représentant de la loi … à qui heureusement Christophe n’avait pas envoyé un doigt rageur mais plutôt un gentil bisou, ce que l’intéressé n’a d’ailleurs pas su apprécier à sa juste valeur puisqu’il conclura son sermon entaché de mauvaise foi et d’inexactitudes par un « et votre bisou, vous pouvez vous le garder !! » Bienvenue en France donc …

Cette anecdote pour rappeler aux automobilistes, et aussi à certains gendarmes manifestement ignorants de la loi qu’ils sont censés faire respecter, une des règles de la cohabitation autos-vélos telle qu’elle est édictée dans le code de la route Français (Article  431-7) : " Les conducteurs de cycles à deux roues sans remorque ni side-car ne doivent jamais rouler à plus de deux de front sur la chaussée. Ils doivent se mettre en file simple dès la chute du jour et dans tous les cas où les conditions de la circulation l'exigent, notamment lorsqu'un véhicule voulant les dépasser annonce son approche."

Les vélos sont donc autorisés à circuler à deux de front lorsque les conditions le permettent. La route appartient à tout le monde, ou plutôt n'appartient à personne, et son partage doit se faire dans le respect et la courtoisie. Il n'y a pas d'usager prioritaire par la taille de son véhicule, son poids ou sa puissance, et un vélo a autant le droit de circuler qu'une voiture ...

Ceci 
étant dit ... retour au voyage, avec ci-dessous la baie des anges et la promenade des Anglais à Nice ...

Nice

Circuler à vélo sur la promenade des Anglais n’est pas de tout repos, car nombre de piétons ont encore du mal à réaliser la présence d’une piste cyclable … mais c’est tout de même nettement plus agréable que d’emprunter la 2x4 voies où s’entassent les voitures dans d’interminables bouchons !


Lundi 1er - Mercredi 3 Juin : repos studieux chez Christophe et Brigitte (alias Schmoll et Bibi) à Villeneuve Loubet. Je prépare mon support de « conférence », car Jeudi soir à Vence, ce sera « la conférence de Fred ! » Ci-dessous, les affiches préparées par les élèves de la classe de Christophe et distribuées dans la ville de Vence.

La conference de Fred   La conference de Fred   La conference de Fred


Jeudi 4 Juin : ce matin, je retourne à l'école ... en vélo évidemment. De Villeneuve Loubet à Vence, il n’y a qu’une dizaine de kilomètres, mais la route ne fait que monter et c’est avec quelques minutes de retard que j’arrive à l’école Toreille. Là, non seulement je suis accueilli par la classe de Christophe qui m’a préparé une véritable haie d’honneur dans la cour, mais il y a aussi les classes des autres professeurs intéressés par mon voyage. Les enfants sont nombreux, ils me submergent rapidement et les questions fusent en tous sens … la journée commence sur les chapeaux de roue. Quelle vitalité !!

Ci-dessous, la classe de CM1-CM2 de l’école Toreille de Vence, avec Christophe au fond à gauche et tous les enfants devant : Narjes, L
ïa, Juliette, Mathis, Jean-Loup, Maxence, Séverin, Camille, Baptiste, Paul, Cécilia, Thaïs, Sarah, Alexandre, Angélique, Ninon, Manon, Déborah, Benjamin, Claire, Anthony, Clémentine, Moustapha et Laura.

Ecole Toreille de Vence

Durant le voyage, j’ai régulièrement échangé des messages avec les enfants … du coup ils me connaissent déjà et après quelques minutes seulement, j’ai presque l’impression d’avoir toujours fait partie de leur classe. Séverin présente son exposé sur le Népal, d’autres enfants me montrent les éditions des « oreilles de Toreille » (le journal de l’école) dans lesquelles figurent des articles sur mon voyage … tout s’enchaîne sur un rythme effréné et si il n'y avait pas eu la sonnerie de midi, nous aurions certainement sauté le déjeuner …

... ce qui aurait été une erreur, car cet après-midi toute la classe s’en va pédaler sur les petites routes des environs de Vence !! Pour l’occasion, il y a deux motards de la gendarmerie qui nous ouvrent la route, plusieurs parents d’élèves qui nous accompagnent et même un journaliste de Nice Matin venu tout spécialement en vélo ! Le cortège ne passe pas inaperçu et les enfants s'en donnent à cœur joie.

Ecole Toreille

Cette riche journée ne touche cependant pas encore à son terme … car ma première « conférence » est programmée ce soir dans une salle de l’école. Quelques soucis techniques ont failli nous faire sauter le dîner … et c’est avec une part de pizza à la main que Christophe et moi accueillons les premiers arrivants. La conférence se passera du mieux possible grâce à un public intéressé et averti … ce qui me rassure un peu vu que ma prochaine conférence est déjà programmée pour la semaine prochaine à Lyon !

Il est 22h30 quand Christophe et moi quittons l’école. Nous nous laissons alors glisser en silence dans l’obscurité de la nuit sur la longue descente qui nous conduit de Vence à Villeneuve Loubet … ce fut une fabuleuse journée, une de ces journées que l’on n’oublie pas de sitôt. Un grand merci à Christophe et à tous les enfants de sa classe !


Vendredi 5 Juin : il est temps de repartir … et ce matin je prends la direction de Castellane via les gorges du Loup, le village de Gréolières (ci-dessous) et le Col de Luens (1 054 m). Le ciel est couvert et menaçant ...

Greolieres

… et quelques gouttes tombent deci delà. Mais le temps, quel qu’il soit, est de toute façon secondaire aujourd’hui, car aujourd'hui, au terme de mon étape, je retrouve mes Parents et mon oncle Dominique. Ils m'attendent au bord de la route, sur le pont qui enjambe le Verdon ... ils sont là, ils sont bien là, et ce soir, il ne fait peut-être pas chaud dehors, mais il fait chaud dans nos cœurs.


Samedi 6 - Mardi 9 Juin : seconde ville-étape de mon périple en France, je m’installe pendant quelques jours à Castellane en compagnie de mes parents et de mon oncle ... le temps de regoûter aux joies de la « cuisine de Maman », des parties de pétanque et des soirées belote … des plaisirs simples qui prennent, compte-tenu du contexte, une saveur toute particulière.

Le temps par contre est toujours aussi erratique et il fait vraiment froid pour un début de mois de juin, heureusement que les coups de vent amènent continuellement de la variété dans un ciel … beau à se casser le cou ! voir ci-dessous …

Castellane

Castellane

Toute cette suractivité troposphérique n’est pas très rassurante et même la fine fleur des prévisionnistes de météo-France semble hésiter sur le temps qu’il fera demain. Nous décidons alors d’un commun accord (car toute la famille pédalera demain) de nous inspirer du dicton qui dit : « Qui trop écoute la météo passe son temps au bistrot ». Demain donc, point de bistrot pour nous mais un tour de vélo jusqu’à Digne-les-Bains ! Roulez jeunesse ...


Mercredi 10 Juin :
ce matin il fait beau et chaud (attention, c’est une contrepèterie Belge). Nous quittons Castellane (724 m) de bonne heure et nous attaquons presque aussitôt l’ascension du col des Leques (1 148 m). Nous montons doucement mais sûrement, l’équipe du jour étant plus habituée au vélo dans le plat pays Beauceron qu’aux ascensions Alpines !! Nous parvenons toutefois au somment bien avant midi, et j'immortalise alors la performance en compagnie de ma Mère Claudine et de mon oncle Dominique.

Col des Leques


Nous passons ensuite à proximité de la Clue de Taulanne (ci-dessous) … un endroit v
éritablement magnifique.

Clue de Taulanne

Une clue ou cluse est une vallée creusée perpendiculairement dans un mont (généralement calcaire) par une rivière, mettant ainsi à jour sa structure en créant une gorge ou un défilé encadré par des falaises. Les clues créent des voies naturelles de communication et ont permis l’installation de villages à leurs débouchés. Certains de ces villages portent aujourd’hui un nom dérivé de cette formation géologique, c'est le cas de Cluses et La Clusaz ...

La route nous conduit ensuite jusqu’à Barrême où nous retrouvons mon Père Jean pour le déjeuner. Là, un écriteau nous informe que Napoléon Ier passa la nuit dans ce village en 1815 lors de ses fameux Cent-jours !

Le terme Cent-jours désigne la période de l'Histoire de France comprise entre le 1er Mars 1815 (retour en France de l'Empereur Napoléon Ier, alors exilé sur l’ile d’Elbe) et le 18 juin 1815 (défaite de Waterloo face aux alliés). Durant le premier mois des Cent-jours, Napoléon remonte à pied et à cheval le pays jusqu’à Paris en empruntant une route que l’on appelle aujourd’hui la Route Napoléon (l’ex RN85 entre Cannes et Grenoble). L'invasion du pays par un seul homme a débuté sur cette route …

A l’instar de Napoléon, mais la coïncidence est toutefois fortuite, j’ai poursuivi par le col de Corobin pour rejoindre Digne-les-Bains … cette fois en compagnie de mon Père qui a profité de la pause déjeuner pour prendre le relais de ma Mère et de mon oncle sur cette dernière section.

Dans la foret A Digne

Col de Corobin


Jeudi 11 Juin : mes parents et mon oncle repartent aujourd’hui en Beauce et passent le témoin à mon grand-cousin Jean-Paul, fraîchement descendu du train qui arrive de Briançon. Je n’ai pas vu Jean-Paul depuis environ 25 ans. Pourtant voilà, l’homme avait réussi à marquer l’imaginaire du petit enfant que j’étais à l’époque où c’était lui l’aventurier de la famille … celui qui était parti travailler loin tout là-bas dans les Terres australes et antarctiques Françaises.

C’est donc un grand plaisir que de se retrouver après tout ce temps et de se redécouvrir … ce voyage qui est le mien mène à toutes sortes de bonheurs, celui-ci est exceptionnel.


Vendredi 12 Juin : direction Gap ! Je roule toujours en compagnie de Jean-Paul, mais aussi en compagnie de ses deux amis Paul et Eric (ci-dessous) ... et pour cette étape, j’ai décidé de me laisser guider par les trois spécialistes de la région, très au courant des routes les plus bicyclétogéniales des environs. Nous suivons donc dans un premier temps la vallée de la Bléone, magnifique, puis les impressionnantes clues de Barles, la clue de Verdaches et nous bifurquons ensuite sur la gauche vers Auzet et le col du Fanget (1 459 m). Comme nous le feront remarquer d’autres cyclistes : « pour passer par Auzet, il faut oser ». Nous avons donc osé et nous ne l’avons pas regretté … ci-dessous le panorama que l’on découvre du haut du col du Fanget avec au loin derrière le parc national des Ecrins.

Avec JP, Paul et Eric en haut du col du Fanget

Nous pique-niquons ensemble à Seynes, Paul et Eric repartent alors en direction de Digne et Jean-Paul et moi continuons vers Gap. Nous longeons le canal de la Durance pendant quelques kilomètres et nous empruntons ensuite une route représentée en pointillés rouges et noirs sur notre carte … ce qui indique d'après la légende une route « difficile et dangereuse ». Mais en fait de danger, c’est surtout une route superbe et déserte que nous trouvons … je crois, peut-être, la plus belle route de tout mon voyage … voyez ci-dessous …

Vers Gap

Nous arrivons finalement à Gap en fin d’après-midi, juste à temps pour accueillir mon ami Olivier qui arrive de Grenoble en train … alors que Jean-Paul lui montera dans ce même train quelques minutes plus tard pour rentrer à Briançon. L’enchaînement est parfait !


Samedi 13 Juin : Olivier se joint à moi pour cette étape entre Gap et Grenoble, une étape assez similaire à celle d’hier, avec entre 110 et 120 km à parcourir et environ 1 500 m de dénivelé à grimper. Il n’y a là rien d’impossible, mais ce genre d’étape ne s’improvise pas non plus et Olivier s’entraîne assidûment depuis deux mois pour pouvoir m’accompagner aujourd’hui.

Bien lui en a pris, car l’ascension du col Bayard (1 246 m) au départ de Gap est une mise en jambe assez violente. Nous poursuivons ensuite sur la route Napoléon via Saint Bonnet en Champsaur, le lac du Sautet et le village de La Mure où nous effectuons une pause près de la fontaine (photo ci-dessous).

Avec Oliv ... direction Grenoble

La route est belle … mais il y a tellement de circulation que nous devons sans cesse être sur nos gardes. Il y a les étourdis qui conduisent au petit bonheur la chance, ceux-là on ne leur en veut pas vraiment, mais il y a surtout les énervés qui font ronfler leur moteur dans notre dos, ceux qui klaxonnent à tout va et nous font sursauter, ceux qui intentionnellement nous rasent en passant à seulement quelques centimètres de nos vélos et, fait unique pendant mon voyage, il y a aussi ceux qui n’hésitent pas à nous insulter ! Tout mis bout à bout, ça fait beaucoup … et je passe sur les dépassements rageurs qui s'accompagnent à chaque fois d'une bonne grosse volute de fumée noire bien cancérigène. Merci le Diesel, les HDI, DCI, TDI et compagnie !!

Le saviez vous ? Un moteur diesel rejette davantage de polluants qu’un moteur essence (particules de suies et oxydes d’azote) … même s’il dégage un peu moins de gaz à effet de serre (CO2) du fait de sa moindre consommation. Il ne faut donc pas confondre la pollution atmosphérique (dangereuse pour la santé des hommes à court terme) et la contribution au réchauffement climatique (dangereuse pour l’avenir de l’humanité à moyen terme) qui est sanctionnée en France par le bonus/malus écologique lors de l'achat d'une voiture neuve. Enfin, dernière précision au chapitre de la pollution atmosphérique, l’Union Européenne envisage la mise en place graduelle de normes plus restrictives sur les émissions polluantes des diesels et prévoit de s’aligner sur les normes qui étaient en vigueur aux Etats-Unis en 2004 … en 2014, ce qui ne fera donc que 10 ans de retard. Nos poumons apprécieront !

De retour sur la route Napoléon … nous passons à proximité du lac de Pierre-Châtel, du lac de Petichet et enfin du lac de Laffrey. C’est sur le bord de ce dernier que se trouve la célèbre Prairie de la Rencontre … là même où le 7 mars 1815 Napoléon se trouva face à un bataillon envoyé par Louis XVIII pour l'arrêter. L’histoire veut que Napoléon s'avance alors seul au-devant des troupes et s'écrie : « Soldats, s'il en est un parmi vous qui veuille tuer son Empereur, me voici. » La suite est connue de tous, personne n’osa tirer et c’est à la tête d'une véritable armée que Napoléon entrera à Grenoble et Lyon avant de conquérir Paris et les Tuileries quelques jours plus tard.

Napoleon

La vue de la statue de Napoléon sur son cheval nous laisse songeur quelques instants … puis nous renfourchons nos montures et nous nous dirigeons vers le début de la tristement célèbre descente de Laffrey. C'est une portion de route à forte déclivité (12% en moyenne mais avec des segments à 16 et 18%) qui se termine par un virage à 110 degrés, où généralement les véhicules sortent de la route et s’écrasent en contrebas. Entre 1946 et 2007, ce ne sont pas moins de 150 personnes qui sont décédées ici, et le dernier accident qui a impliqué un bus Polonais (26 morts) est encore dans toutes les mémoires …

… en vélo pourtant, la descente n’est pas particulièrement dangereuse, la vitesse trouve rapidement un plafond naturel autour des 80 km/h, il n’est alors point besoin de toucher aux freins tant la route est rectiligne. Le dernier virage quant à lui se négocie facilement en se penchant vers l’intérieur … et en serrant un peu les fesses !

C’est en fin d’après-midi que nous arrivons à Grenoble, et nous apprécions tout particulièrement les derniers kilomètres que nous parcourons sur la piste cyclable qui longe l’Isère. Le calme de l’endroit, après toute cette circulation que nous avons subie pendant la journée, est un véritable soulagement. Olivier m’explique alors que son vélo est équipé de quatre pneus (!?), c'est-à-dire deux pneus l’un dans l’autre sur chaque roue. C’est une astuce qu’il a ramenée d’Inde pour ne plus crever … et cela marchait plutôt bien jusqu’à ce soir, mais seulement jusqu'à ce soir ... car ce soir en poussant son vélo dans le garage il doit bien se rendre à l’évidence, la roue avant est à plat !

Nous sommes d'ailleurs tous les deux un peu à plat également, la journée a été longue et les nuits précédentes ont été courtes. C’est donc fort à propos que je profite des talents de réflexologue de la douce Angie, la femme d’Olivier, elle qui vient juste d’ouvrir un cabinet de médecine douce à Grenoble … et pour ceux qui seraient intéressés, vous pouvez contacter Angie en cliquant ici.


Dimanche 14 Juin : c’est une journée de relâche bienvenue qui se profile aujourd’hui à Grenoble, avec un pique-nique entre amis en haut de la forteresse de la Bastille ... celle dont Stendhal (originaire de Grenoble) disait : « je n'ai pas la force de décrire la vue admirable et changeant tous les cent pas, que l'on a depuis la Bastille ... » La vue sur la ville et les massifs montagneux environnants y est effectivement particulièrement spectaculaire.

En ce dernier dimanche de printemps, le festival de fanfares "FORT EN SON" met de l'ambiance sur les rythmes endiablés des cuivres et des tambours … tandis que les courageux radeliers de la Durance –perdus ?- descendent l’Isère en habits d’époque (ci-dessous). C'est un dimanche ordinaire en France ... mais quel joli dimanche !


L'Isere a Grenoble


Lundi 15 Juin : je retrouve ce matin avec plaisir la très belle piste cyclable qui borde l’Isère ... mais cette fois du côté nord de Grenoble puisque je me dirige maintenant vers l’ancienne capitale des Gaules, Lyon ! Cette piste cyclable représente certainement ce qui se fait de mieux dans le domaine : parfaitement conçue, elle est physiquement séparée des voies pour automobiles, elle est réalisée avec un excellent revêtement, il n'y a aucun obstacle, la largeur est appréciable et, luxe ultime, il y a même des panneaux indicateurs à chaque croisement ...

Les cyclistes apprécieront, eux qui doivent malheureusement encore trop souvent composer avec les nombreux dangers et désagréments induits par les pistes cyclables construites à la va-vite et en dépit du bon sens (sur des trottoirs, avec des trous et des bosses, des racines d’arbres, des poteaux, etc).

Une fois parvenu au terme de la piste cyclable, je continue en empruntant les toutes petites routes afin d'éviter au maximum de me retrouver au milieu des voitures. Je passe ainsi par les charmants villages de St Didier de Bizonnes, Le Mollard, Les Trouillères (ci-dessous l'étang des Trouillères), Tramolé, Culin, Le Crachier ou encore Flassieux … des noms de villages qui évoqueront des images aux esprits les plus imaginatifs !
Piste cyclable

Vers Lyon

Lyon n’est plus loin … je m’enfonce maintenant dans la proche périphérie de la ville, je traverse Mions, je contourne Bron et me voilà sur l’Avenue des Frères Lumière (qui ont inventé le cinématographe à Lyon en 1895). Plus j’avance vers le centre ville, plus les voitures se font rares et les vélos nombreux, il est vrai que Lyon se singularise depuis longtemps par une politique de transports urbains intelligente en mariant avec bonheur le métro, le tramway, le trolleybus, l’autobus, le train … les pistes cyclables et aussi bien sûr le vélo (vélo'v) en libre-service.

Le vélo'v Lyonnais (précurseur du vélib’ Parisien qui ne vit le jour qu'en 2007), ce sont environ 4 000 vélos disponibles 24 heures sur 24 dans près de 400 stations disséminées dans toute la ville. Il compte aujourd’hui environ 80 000 abonnés qui parcourent une moyenne de 80 000 km/jour pour 40 000 locations/jour. Le vélo’v représente ainsi près d’un tiers des déplacements réalisés en vélo dans l’agglomération Lyonnaise …

... et les deux autres tiers me direz vous, comment font ils ? Bonne question, et c'est pour en savoir plus sur ce sujet que je rencontre ce soir Laurent (ci-contre) et toute l’équipe de Vélonaute.

Vélonaute, c'est le vélo au quotidien pour tous ... grâce à une offre de solutions innovantes pour les particuliers et les entreprises. Vélonaute vend, loue et entretient des vélos ordinaires, des vélos à assistance électriques, des vélos couchés ou des triporteurs. Et Laurent d'ajouter : « fesses toniques = moral dynamique » ... ce que je confirme !! Cliquez ici pour accéder au site de Vélonaute.

Je dois retrouver Laurent et son équipe sur la place Bellecour, la principale place de Lyon qui se situe au milieu de la presqu’île formée par le Rhône et la Saône … seulement voilà, la coïncidence a voulu que nous nous retrouvions avant même d’avoir enjambé le pont au-dessus du Rhône.
Arrivee a Lyon chez Velonaute

La petite histoire retiendra donc que nous nous sommes tous rencontrés pour la première fois alors que nous pédalions chacun de notre côté vers notre point de rendez-vous ! Tout un symbole ...

 

Mardi 16 Juin : Lyon, 3ème ville de France par sa population avec 600 000 habitants, est une ville étonnamment douce et agréable. Les rues sont aérées, les voitures sont rares, l’air ne constitue pas une incessante agression respiratoire … et, succès du vélov’ oblige, les vélos sont omniprésents. Cela a d’ailleurs donné des idées à de nombreux cyclistes potentiels qui par effet d’entrainement ont osé sauter le pas, c’est ce que l’on appelle un mécanisme vertueux : plus de vélos appellent davantage de vélos … et subitement la ville redevient un espace humain. A ce niveau là, Lyon et les Lyonnais ont tout compris. Chapeau bas.

Ci-dessous, l'hôtel de ville trônant sur la place des Terreaux.

Mairie de Lyon

Je profite de mon passage –éclair- sur Lyon pour réaliser une seconde conférence ce soir, cette fois en partenariat avec Vélonaute et la Librairie Raconte-moi la Terre (affichette ci-contre).

C’est pour moi une nouvelle occasion de partager mon expérience avec d’autres voyageurs, aventuriers, cyclistes, écologistes … ou tout simplement curieux !
Et puis mes amis Lyonnais sont également là ... Guillaume, Virginie, Jessika et Axelle ...




La soirée se termine sur les berges du Rhône, entre amis et autour d'une bonne table … le coucher de soleil sur la colline de Fourvière en face de nous est intriguant (ci-dessous), mais il est aussi et surtout splendide ...

Ce soir Châteaudun est à moins de 10 jours de route … la fin du voyage approche.
RMLT conference

Lyon by night


Mercredi 17 Juin : je quitte ce matin Lyon pour l’Auvergne, ce n’est pas franchement la route la plus courte vers la Beauce, mais c’est la route qui passe par Allanche où m’attendent des amis … et comme les amis c’est sacré … me voilà parti à escalader les Monts du Lyonnais au milieu des framboises et des prés !

Framboises ... Vaches

En début d’après-midi j’arrive dans les environs de Saint-Etienne et je traverse Andrézieux-Bouthéon … Andrézieux-Bouthéon ? Andrézieux-Bouthéon ... ce nom m’est familier, « mais d’où c’est y mais d’où c’est donc que je le connais !? » Voyons, voyons … Andrézieux-Bouthéon … un nom pareil tout de même ça ne s’oublie pas, et non loin de là il y a aussi Le Chambon-Feugerolles, et encore un peu plus loin La Fouillouse. Diantre, La Fouillouse, oui, mais c’est bien sûr, je viens de mettre les deux pieds dans le décor d'un sketch de Pierre Desproges !! Rappelez-vous, c’était en 1986 lorsqu’il animait les Chroniques de la haine ordinaire sur France Inter … sketch dont je reprends ici l'introduction : « M. Raymond Lepetit est journaliste. C'est un obscur. Dans aucun journal, on ne saurait être plus obscur que M. Raymond Lepetit. M. Raymond Lepetit est encore plus obscur que Mlle Geneviève Portafaux qui est responsable de la rubrique ERRATUM au Réveil du Pas-de-Calais, et qui connut un quart d'heure de gloire dont elle se serait bien passée, en écrivant erratum avec un seul r. En effet, M. Raymond Lepetit est le rédacteur de la Solution du jeu des sept erreurs de L'Écho de la Fouillouse qui est encore assez lu entre Le Chambon-Feugerolles et Andrézieux-Bouthéon. Pour arrondir ses fins de mois, il fait aussi la Solution du jeu des sept erreurs de Sexy-Fouillouse, une revue pornographique locale très sinistre et très grise ... » La suite devenant scabreuse, je préfère m'arrêter là … mais je n’ai pas pu par contre m’empêcher de rappeler quelques citations du célèbre humoriste français, réputé pour son humour noir, son anticonformisme virulent et son sens de l'absurde.

« La recherche a besoin d'argent dans deux domaines prioritaires : le cancer et les missiles antimissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête. »

« Un gentleman, c'est quelqu'un qui sait jouer de la cornemuse et qui n'en joue pas. »

« Archimède fut le premier à démontrer que, lorsqu'on plonge un corps dans une baignoire, le téléphone sonne. »

Craponne sur Arzon

Ce soir je campe en lisière de forêt à proximité de Craponne sur Arzon, un joli nom de village encore, d'où l'on jouit d'une vue imprenable sur les monts environnants lors du coucher du soleil ...

Coucher de soleil sur les monts du Lyonnais


Jeudi 18 Juin : bonjour mon Général, le temps est chaud et lourd ce matin … et il nous reste encore quelques belles collines à gravir avant d’arriver à Allanche ! Direction plein ouest par La Chaise-Dieu et Brioude, Vichy n’est pas loin, 100 km tout au plus, mais cela ferait tout de même un détour, le Maréchal attendra !

L’orage lui par contre n’attend pas. Les nuages s’amoncèlent vite à la sortie de Brioude, le ciel noircit et l’averse éclate bien avant que je n’arrive à Massiac.

Mauvais temps sur Massiac ...

Chateau ...

La chaleur est telle que c’est d’ailleurs plutôt un soulagement. En l’espace d’un quart d’heure le thermomètre plonge de 10 degrés, il ne fait plus que 20. Je suis trempé et bien rafraîchit … mais le vent sèche mes vêtements en quelques instants seulement. Je suis maintenant à Massiac, il ne reste plus que 26 km avant Allanche. Laurent (un autre Laurent, ce n’est pas le Laurent de Lyon) qui m'attend là-bas part alors en sens inverse pour me rejoindre ... il part de 985 m d’altitude, je pars de 530 m d’altitude … et entre nous deux il y a le col du Baladour à 1 207 m, soit tout de même de quoi nous occuper chacun de notre côté pendant une bonne heure.

Nous nous rejoignons finalement un peu avant le lieu-dit du « Bru » … en plein milieu de nulle part sur un plateau d’Auvergne. L'endroit est atypique, le vent souffle fort … mais que c'est bon de se retrouver !

La famille de Laurent possède une maison de famille à Allanche, et à notre arrivée nous sommes accueillis par Marie-Claude et Serge, ainsi que par Françoise et la petite Jeanne. La journée a été longue, mais comme toujours après l'effort il y a le réconfort ... et ce soir au menu il y a de la truffade, un plat traditionnel d'Auvergne à base de pommes de terre et de tomme fraîche du Cantal, soit largement de quoi reconstituer nos réserves énergétiques  ...


Vendredi 19 et Samedi 20 Juin : Allanche est une petite commune du Cantal d’un millier d’habitants, les rues sont calmes et venteuses … et en cette veille d’été, les températures quasi-caniculaires des derniers jours se sont muées en une extrême fraîcheur, avec un temps couvert et seulement 4 ou 5 degrés de bon matin !

Fort d'allanche Doux Jesus

Le week-end est l’occasion de retrouver d’autres amis de passage en Auvergne … Guillaume et Virginie (Alias Les Lochet) avec leurs deux petites filles Emma et Margot … ainsi que Flavien et Jana … 

Deuch ... Dog


Dimanche 21 Juin : jour le plus long de l’année et premier jour de l'été, il ne fait que 14 degrés à 14h00 lorsque je pars d’Allanche … et 14 degrés, c’est frais !

Ci-dessous toute la fine équipe au moment du départ, avec de gauche à droite Guillaume, Laurent, Virginie et Françoise.

M Lochet et KLL Mme Lochet et Suaz ...

Je me réchauffe vite en pédalant, les températures sont très relatives lorsque le corps produit un effort ... et je suis tout à mon aise pour apprécier les paysages du Cézallier, un harmonieux ensemble de plateaux et de petites montagnes volcaniques presque exclusivement dédiées à l’élevage …

Chevaux

… bovin. En effet, la montagne est parsemée de nombreux troupeaux de vaches à la couleur brun-rouge caractéristique de la race salers. 

Vaches Salers

La salers est aussi, depuis 1885, le nom d'une liqueur de racines de gentiane d'Auvergne ... mais malheureusement je n’en ai pas trouvé, et par conséquent je roule toujours au Génépi (bio) des Alpes !!

Je continue en direction de Bort-les-Orgues par les paisibles gorges de la Rhue, et ce soir je m’arrête à proximité d’Ussel (en Corrèze) pour monter mon campement. J’ai parcouru 75 km aujourd’hui et ce n’est pas si mal pour une demi-journée. Châteaudun n’est plus qu’à 500 km …


Lundi 22 Juin : je suis en Corrèze, cela signifie donc que j’ai laissé l’Auvergne derrière moi et que j’évolue maintenant dans la région du Limousin. Je continue à perdre graduellement de l’altitude … ce qui ne se sent hélas qu’à peine tant le vent de Nord est violent !

Ci-dessous l’Eglise Templière de Courteix, dont la construction remonte au XIIème siècle …

Eglise Templiere

Quelques coups de pédales plus loin et me voici déjà dans le département de la Creuse, où le premier village d’importance que je traverse n’est autre que La Courtine ! Je comprends vite que l’endroit ne vit que par et pour son camp militaire. Dans les bistrots du village, il y a même un « menu militaire » … que je n’ai pas essayé, cela restera donc un mystère ! 

Le camp militaire de La Courtine, créé en 1901, est le premier camp national pour sa capacité d'hébergement (4 000 hommes) et le cinquième pour sa superficie (6 300 ha). Le camp est conçu pour le séjour de grandes unités d'infanterie totalement autonomes et La Courtine reçoit des unités de toute la France, ainsi que des unités de gendarmerie, et même quelques unités étrangères d'Angleterre, de Belgique et de Hollande. Le plus surprenant, c’est que plusieurs routes départementales (dont la RD 23) traversant le camp de part en part soient ouvertes à la circulation des civils (et des cyclistes). Je tente donc l’expérience …

Des panneaux sont là pour rappeler tous les 100 m environ que seule la route est accessible aux civils, et qu’une excursion dans les fourrés pourrait mal se terminer : « champ de tir », « danger de mort » et surtout la très descriptive mention « zone réceptacle de projectiles » reviennent en boucle.

La Courtine Renard

Le décor n’est pas très rassurant, et les traces des activités militaires sont plutôt évidentes. La route cependant est déserte et il n’y a absolument personne … tout est étrangement calme. Si calme que les animaux de la forêt en profitent pour se balader en bord de route, ici un renard avec un malheureux lapin dans ses mâchoires, là plusieurs chevreuils que mon passage émeut peu …

Fleur Papillon

15 km plus loin je sors du camp sans avoir rencontré qui que ce soit … et je continue ma route sur le plateau de Millevaches en direction d’Aubusson.

Le plateau de Millevaches, comme son nom le suggère bien que l’origine du terme soit apparemment sans rapport, est un haut lieu de l’élevage bovin ! Les vaches sont omniprésentes, et ce ne sont pas mille ou cent mille vaches que l’on y recense, mais certainement plusieurs millions … la France comptant au total environ 20 millions de têtes, ce qui représente tout de même une vache pour trois Français.

Vaches

Pourquoi m’étends-je sur les vaches ? Et bien parce que la filière bovine, qui représente 1,5 milliard de têtes de bétail à l’échelle de la planète (une vache pour quatre humains) contribue directement et indirectement pour 18% des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Ce chiffre ahurissant provient d’un rapport de la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), et il prend en compte aussi bien les émissions résultant de la digestion des ruminants que celles consécutives à la conversion des forêts en pâturages. Le rapport souligne que l’élevage d’animaux a pris une telle ampleur au fil des années qu’il utilise désormais 30% de toute la surface émergée de la terre … ce qui devrait donner sérieusement à réfléchir au moment de commander deux côtes de veau chez son boucher !!

Après Aubusson, je poursuis la remontée de la Creuse par Chénérailles, Gouzon et Boussac … et ce soir j’établis de nouveau mon campement en lisière de forêt, juste en face d’un champ de blé.

Millevache ?


Mardi 23 Juin : j’effectue en tout début de matinée mes derniers kilomètres dans le Limousin et j’arrive donc enfin dans MA région, la région Centre ...

Preveranges Chateaumeillant

Je remonte pendant toute la journée la frontière qui sépare le Cher de l’Indre en passant par Chateaumeillant, Lignières, Issoudun et Gracay. Les paysages ont beaucoup évolué depuis l'Auvergne et le Limousin, le relief s’est fortement aplani, les champs se sont agrandis … et les forêts ont progressivement disparu ...

Foin

... l'immensité des champs et la culture d’une seule et même espèce sur tant d'hectares laisse songeur quant au concept si important de biodiversité …

Ble

Ce soir je ne campe pas, je m’arrête à Anjouin (340 habitants) chez ma grand-tante Denise et son mari Gérard. Tous les deux sont des agriculteurs à la retraite, mais ils n’en ont pas moins conservé l’amour de la terre … leur jardin force ainsi l’admiration, tant par la variété que par la qualité des fruits et légumes qui y sont cultivés.

Anjouin ...

Evidemment le menu du dîner de ce soir s’inspire largement de ce qui est disponible dans le jardin, et c’est tant mieux, je découvre ainsi avec délice la soupe de fèves ...


Mercredi 24 Juin :  antépénultième étape de mon voyage, je ne suis plus qu’à 200 km de Châteaudun … le compte à rebours approche de son terme, et aujourd’hui je longe le Cher d’est en ouest en direction de Tours.

Ci-dessous, le village de St Aignan …

Saint Aignan Saint Aignan

... et celui de Montrichard depuis le pont qui enjambe le Cher ...

Montrichard

... sur lequel une cane pagaye tranquillement avec ses canetons.

Canards sur le Cher

La journée se passe vraiment bien, sans forcer, il fait un magnifique soleil, la route est plate, le vent me pousse … et d’ailleurs le vélo avance presque tout seul.

Ci-dessous, le Cher au niveau de la commune de Veretz, à seulement quelques kilomètres de Tours ...


Cher


Jeudi 25 Juin : après une excellente soirée chez Frédéric et Pascale (et Léna) ainsi qu’une courte nuit … tout le monde décolle tôt ce matin (ci-dessous à gauche) pour aller travailler. Fred, nouvellement converti au vélo pour aller au boulot, m’accompagne en direction de la gare TGV de Saint Pierre des Corps où je dois retrouver Damien (ci-dessous à droite) qui arrive lui tout juste de Paris …

Depart de bon matin Damien a la gare de St Pierre de Corps

Damien, lui aussi adepte de la petite reine pour se rendre sur son lieu de travail, va m’accompagner sur les deux dernières étapes de mon parcours : aujourd’hui de Tours à Vendôme (75 km) et demain de Vendôme à Châteaudun (50 km). Plus que jamais la fin du voyage approche … et étrangement, ce n’est pas du tout la peur du vide qui m’habite mais bien la joie de retrouver « les miens ». D'ailleurs depuis un mois, je marche - et pédale- vraiment sur un petit nuage … 

Les derniers kilomètres ne se feront cependant pas sans appuyer sur les pedales, et puisque nous sommes tous deux attendus à Vendôme pour le déjeuner chez Jacques et Mireille, il est temps de se mettre en route. 

La Loire ...

La sortie de Tours se passe bien, nous franchissons la Loire (ci-dessus) près de Vouvray et nous continuons par Château-Renault, Saunay, Villeporcher, St Gourgon et Crucheray …

Chateau ... Direction Chateaudun ...

A l’heure dite, 13h00, nous arrivons à Vendôme … et c’est là que je découvre le premier panneau indicateur montrant la direction de Châteaudun !

L’après-midi, chargée, nous voit d’abord répondre aux questions de la journaliste de la Nouvelle République avant de passer ensuite à l’école Jules Ferry rencontrer des élèves de CM1-CM2.

Demain, jour J, c'est donc l'arrivée ! Il ne reste plus que 50 km jusqu'à Châteaudun, 50 tout petits kilomètres ... et malgré la fatigue des derniers jours, je peine à m'endormir ...


Vendredi 26 Juin : c’est donc aujourd’hui la dernière étape du Bangkok-Châteaudun … nous y sommes presque.

Nous partons à trois ce matin, avec Damien et Jacky à mes côtés : direction la gare de Vendôme où nous retrouvons mon Père et plusieurs amis venus depuis Châteaudun en train. Il y a Fred et Gonzalo, deux grands amis de collège, il y a aussi Henri, qui est en passe de réussir le doublé première ET dernière étape (puisqu’il m’a accompagné au départ dans les rues de Bangkok) et il y a Pierrot, ami de mes parents depuis aussi longtemps que je puisse me souvenir : 5 et 3 font 8, mais nous partons de la gare à 12 car quatre cyclos Vendômois se joignent également à nous.

12, cela commence déjà à faire un petit peloton ... une demi-heure se passe, il est 8h00 ... et nous croisons alors une quinzaine de cyclos dunois partis à 6h00 (!!) de Châteaudun. 15 et 12 font 27, j’arrondis à 30 car ils pouvaient très bien être 18. Nous sommes donc maintenant 30 à rouler en direction de Châteaudun. La route est belle, légèrement ondulante, le soleil brille, le vent est faible ... et en un mot les conditions sont idéales.

Nous avons parcouru environ une trentaine de kilomètres depuis Vendôme, nous venons de traverser la forêt de Fréteval, nous venons aussi d’entrer dans le département de l’Eure-et-Loir … MON département … et nous arrivons dans les faubourgs de Cloyes-sur-le-Loir lorsque nous rencontrons une dizaine de cyclistes de Dunois Loisirs. Nous sommes maintenant 40 mais ce n’est pas tout, car à Cloyes nous sommes rejoint par une autre dizaine de cyclistes, dont ma chère petite Maman, mon oncle Dominique, ma tante Josianne et mon oncle Jacques. 50, nous sommes 50 sur le dernier tronçon de la dernière étape ! Ca, vraiment ça, ça fait plaisir à un point qu’il est difficile de décrire … c’est peut-être d’ailleurs ça que l’on appelle un bonheur indescriptible !!

Cloyes s le Loir

L'arrivee ... a 50 !!

Après Cloyes, nous empruntons une route que je connais par cœur pour l’avoir empruntée mille fois : Montigny-le-Ganelon et son château, la vallée du Loir, Saint Hilaire-sur-Yerre, Douy, la petite montée en lisière de bois avant la descente de Thoreau, les Recollets … et enfin Châteaudun ! Le panneau d’entrée d’agglomération est là, nous nous y arrêtons brièvement et nous repartons, nous sommes attendus à 11h00 devant la mairie. Nous continuons par la rue de Courtalain, puis à gauche au feu par la rue de Varize, tout droit devant la rue Gambetta, et une nouvelle fois à gauche au prochain feu pour prendre la rue de la République, la rue qui mène tout droit à la place du 18 Octobre sur laquelle se trouve la mairie. Il y a encore 200 mètres à parcourir, mais déjà au bout de la rue je commence à apercevoir les personnes qui sont venues m’accueillir …

Place du 18 Octobre, Chateaudun

La famille, les amis, les voisins, les connaissances, les médias, des élus et aussi des inconnus, ils sont nombreux à être là … et leur présence me comble au-delà de ce qu’il m’est possible de décrire. C’est tout simplement bouleversant …

place du 18 Octobre, Chateaudun

Ci-dessous en compagnie de mes parents et de ma grand-mère Edith (90 ans le 4 Juillet).

L'arrivee en Famille !!

La suite n’est plus qu’un enchaînement émouvant d’embrassades et de retrouvailles dans lesquelles je perds doucement et agréablement pied … qu’il est bon d’être de retour parmi les siens.


--
-------
-----------
-------
--


Mardi 30 Juin : chose promise, chose due … quatre jours après mon arrivée, je rends visite cet après-midi aux enfants de l’école primaire de Jallans (située à 2 km de Châteaudun) et tout particulièrement à la classe CE2-CM1-CM2 de ma cousine Sandrine. A l'instar de Christophe dans le sud de la France, Sandrine a utilisé mon voyage tout au long de l’année scolaire à des fins pédagogiques, en atteste l’interminable série de posters réalisés par les enfants et qui reprennent dans le détail les 18 pays que j’ai traversés. Le travail est soigné et les enfants sont fiers d’eux, ils peuvent, car le résultat est impressionnant … et l’un d’eux tout de même de me confier discrètement que pour peindre le drapeau du Monténégro, cela n’a pas été évident à cause de la finesse des motifs et du nombre de couleurs. Je compatis et je les félicite pour leur remarquable persévérance.

Ecole de Jallans avec Sandrine

La séance débridée de questions-réponses qui suit est l’occasion d’un sympathique échange. Nous abordons à peu près tous les aspects de mon voyage, et nous nous attardons tout particulièrement sur l’aspect écologique de ma démarche qui, étonnamment, semble bien souvent plus évident à de jeunes enfants qu’à bon nombre d’adultes … ce que d'une certaine manière je trouve aussi décevant qu'encourageant pour l'avenir.

Sans véritable rapport avec notre discussion, je retiendrais aussi la remarque de Quentin, une remarque pleine de lucidité du haut de ses 10 ans. Je le cite : « la télé c’est pourri, moi ce que je veux c’est apprendre. » Pour rappel, l’éclair de lucidité du petit Quentin ne doit pas masquer la réalité audiovisuelle Française. En 2007, la télévision a réuni chaque jour en moyenne 46,9 millions de téléspectateurs, soit 82,8 % des Français de plus de 4 ans … pour un temps d’écoute moyen de 3 heures 27 minutes, ce qui constitue un nouveau record historique.


Début Juillet : que ceux qui s’inquiètent d'un éventuel blues de fin de voyage se rassurent … point de blues je ne ressens mais plutôt une immense satisfaction d’avoir mené à bien mon projet, et le plaisir sans cesse renouvelé de passer du temps avec mes proches.

L’été va être beau, alors profitez-en pour faire du vélo et rêver un peu ...

La Beauce ...

... au milieu des champs de Beauce ou ailleurs ...

Ciel de Beauce ...

... rideau sur un an de voyage, mais l'aventure continue ...




Le fait marquant en France

C’est indéniablement l’hospitalité, et j’hésite entre excellente, grandiose ou géniale pour la qualifier, car d’amis en amis, de famille en famille, d’amis de la famille en famille des amis, mais aussi d’amis d’amis en vague connaissances éloignées … j’ai été choyé tout au long de la remontée du pays et j’ai profité de l’hospitalité à la Française avec un H majuscule !! Ce dernier mois de voyage fut royal … c’est une fin en apothéose … et c’est une récompense que je dois à tous ceux qui m’ont si généreusement ouvert leurs portes. Un très, très grand merci à eux, et promis, dès que j’ai une maison, vous êtes évidemment invités !




J'ai aimé / je n'ai pas aimé en France


j'ai aimé je n'ai pas aimé
les paysages … au milieu de la montagne ou à la campagne, la France est belle ! certains comportements agressifs et dangereux sur la route
les petits villages, leurs églises et leurs châteaux ... les trop nombreux diesels et leurs sombres volutes cancérigènes
Lyon, une ville avec peu de voitures et beaucoup de vélos les scooters assourdissants
la cuisine, les fromages, les vins et tous les produits du terroir ... sans oublier le pain bien entendu ! les super/hypermarchés (et leur corollaire, l’absence de petits commerces)
discuter dans la boulangerie ou sur la place du village avec les autochtones de la région le faible nombre de vélos dans les agglomérations de taille moyenne
la faune et la flore sauvage les publicités mettant en scène d’anciennes gloires médiatiques (Cf. un célèbre lanceur de jambon dégoulinant, chantre du bien-manger, et qui vante maintenant la « qualité » d’un distributeur discount) 
les ciels de Beauce




Les informations pratiques à propos de la France

.
  • niveau de pollution atmosphérique : moyen à faible, mais que les diesels peuvent fumer, fumer et encore fumer. Même neufs, ils fument déjà comme de vulgaires camions Chinois des années 50 !! Quid des normes Européennes et des contrôles antipollution ? Voilà bien la question que je me pose depuis que je suis en France …
  • météo en Juin 2009 : frais, venteux … mais au final assez ensoleillé.
  • état des routes : bon.
  • densité du trafic : moyen à faible sur le réseau secondaire.
  • comportements sur la route : généralement assez bon, mais parfois franchement agressifs et même impolis, ce que je n’avais jamais ressenti jusqu'ici ...
  • traits de caractère : le cliché –vu de l’étranger- veut que les Français soient avant tout arrogants, malpolis, donneurs de leçon et râleurs (cf. les mouvements de grève perpétuels). Ce n’est pas un portrait très flatteur, mais c’est ce qu’un visiteur non francophone retient généralement de son séjour en France. Moi, non seulement je suis francophone mais en plus je suis Français … donc la perception de mes compatriotes est forcement biaisée. Pourtant, il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre qu’une minorité d’énergumènes correspond effectivement assez bien au cliché ci-dessus décrit, et l’auto-alimente ainsi mécaniquement au détriment de la vaste majorité des Français qui sont éduqués, courtois, chaleureux, accueillants et –parfois- souriants !
  • hospitalité : voir le fait marquant.
  • cuisine : la meilleure du monde ? à en juger par le minitour de France que je viens d’effectuer, c’est bien possible. Mention spéciale aux fromages et aux vins …
  • quelques prix : une baguette de pain = 0.80 E, un croissant aux amandes = 1.30 E, 1.5 l d'eau = 0.40 E et un camembert = 2.00 E.
  • dépenses moyennes par jour : ~ 20 Euros (en pique-niquant pour chaque repas et en dormant exclusivement chez l'habitant ou sous la tente).
  • la langue de Molière ... avec des variations tout de même selon les régions !
  • les prénoms (les plus fréquents depuis 1940) : Jean, Michel ou Philippe pour un homme et Marie, Nathalie ou Isabelle pour une femme.

vers le carnet précédent : l'Italie *** -



.
Tous droits réservés : Copyrights © 2007-2009  Frédéric LINGET