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Aventures Bicyclétales ... |
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Le carnet de voyage au Tibet (Chine) ... (2 340 km / 04 Sept - 02 Oct 2008)
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| J’en suis à peu près là
dans mes réflexions quand je parviens devant ce qui ressemble bigrement à une
route obstruée par un pan entier de montagne qui a eu la drôle d’idée de
glisser jusqu’en plein milieu de la chaussée : à gauche nous avons une
cinquantaine de mètres de vide et le Mékong, ce n’est donc pas une option pour
passer, et à droite nous avons la montagne abrupte avec d’énormes rochers en
déséquilibre, cela ne semble donc pas non plus une option. Une pelle hydraulique
s’affaire pour dégager la route mais les rochers sont tellement gros et lourds
qu’à plusieurs reprises elle est à deux doigts de basculer dans le vide !!
Rien à faire, ça ne fonctionne pas. Je suis bloqué. S’en suit une longue attente de plusieurs heures avec de plus en plus de personnes, majoritairement des motards, qui s’agglutinent devant l’obstacle … et puis d’un coup d’un seul, comme un seul homme, tout le monde s’en va, la pelle se retire également et quelques minutes plus tard : « BOUM !! » Un véritable coup de tonnerre amplifié et répercuté par les montagnes alentours, c’est une charge d’explosifs qui |
| Cela devient un véritable
combat de tous les instants, la boue colle, me ralentit, puis elle glisse, ma
roue arrière fait des tours dans le vide et je n’avance plus qu’à grand peine,
la boue s’immisce partout, j’en ai partout, mon vélo est devenu intégralement marron,
la chaine saute sans cesse tant il y a de boue dans les pignons et je dois désassembler
les freins pour que les roues puissent continuer à tourner … C’est assez apocalyptique, et c’en est presque à se demander si cela va vraiment être possible de parvenir au sommet. La route est en construction, enfin ce sont surtout les bords de la route qui sont en construction, et comme on peut l’observer sur la photo de droite, ce sont de petits murets de 50 cm de haut. Le hic, c’est qu’il n’y a pas de trou pour évacuer l’eau, donc en fait de route, cela présente plutôt les caractéristiques d’un canal … et je le demande haut et fort : « remonter un canal en vélo sur 30 km jusqu’à une altitude de 4 200 m, est-ce bien raisonnable ? » Et bien oui, car comme pour tout canal, il ne faut pas pédaler dedans mais à côté ! Cela m’avait échappé au premier abord, mais c’est ainsi que j’ai fini l’ascension, et en partie descendu l’autre versant de la montagne … Ne restait plus alors qu'à ne pas tomber du muret ... ce qui ne fut pas évident, car il était plutôt étroit le bougre ! |
| Drapeau encore … mais d’un
tout autre style puisqu’il s’agit ici du drapeau de la Chine. Durant la
descente qui me mène une nouvelle fois vers le Mékong, je suis étonné de
traverser des villages où l’intégralité des maisons Tibétaines arborent un drapeau
Chinois. Quelques maisons, pourquoi pas, mais toutes, cela ne me semble pas
pouvoir être l’expression de la volonté de chacun, et cela ressemble d’avantage
à l’imposition d’une consigne de la part du chef de village ou de l’administration
locale … ce qui me sera bien confirmé plus tard. A noter que le drapeau Tibétain est interdit au Tibet par l’administration Chinoise depuis 1959 … et que quiconque enfreint cette règle s’expose à un séjour prolongé à l’ombre !! C’est dommage parce qu’avec ses deux lions des neiges, son soleil et ses couleurs vives, il est particulièrement réussi ! ![]() |
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| Je décide donc de boycotter
ce vent fou et je m’arrête dans une auberge, juste au pied du col de Lalung La. Il y fait chaud, ca sent bon le thé et la viande de Yak séchée … et il y a une bonne dizaine d’ouvriers et d’ouvrières travaillant sur la route qui ont également décidé de boycotter le vent. Ils jouent aux cartes en attendant un temps plus clément, voilà une sage décision que je m’empresse d’imiter dès que j’apprends qu’il est possible de passer la nuit dans la pièce adjacente, un peu abusivement qualifiée de guesthouse. Comme d’habitude : il n'y a ni douche, ni eau, ni toilettes … mais quand même un matelas et une vague couverture ! En raccourcissant l’étape d’aujourd’hui, je me prépare tout de même une rude journée demain avec maintenant deux cols au dessus de 5 000 m à enchainer avant 13h00, puisque apparemment c’est l’heure où le vent commence à souffler. C’est tendu mais c’est jouable, il va falloir partir tôt … |
| Jeudi 2 Octobre : direction la frontière Népalaise, et la descente entamée
hier continue de plus belle aujourd'hui : après le toit, voici maintenant le
rez-de-chaussée du monde … La route de terre qui part de Nyalam se tortille et s’enfonce rapidement au fond de somptueuses gorges, plus verdoyantes que jamais en cette saison. Un nombre invraisemblable de chutes d’eau dévalent les pentes un peu partout, c’est un festival de bruits et de vie qui tranche singulièrement avec les paysages calmes et arides du plateau Tibétain. La chaleur et l’humidité caractéristique du climat tropical refont aussi doucement surface … Plus bas encore se trouve Zhangmu (photos ci-dessous), la ville du côté Chinois de la frontière. Zhangmu est une ville à oublier très vite. En équilibre précaire sur un flanc de montagne, la ville est étagée sur une dizaine d’épingles à cheveux. La route, particulièrement étroite, est rendue encore plus étroite par une rangée continue de camions en stationnement (!!??) et de piles d’ordures … |
| j'ai aimé | je n'ai pas aimé |
| les Tibétains et notamment leur capacité à vivre en réelle harmonie avec une nature rude et hostile | l’omniprésence étouffante et pénible de la police Chinoise, avec obligation de pointage à chaque poste pour les étrangers |
| les pèlerins qui marchent, se prosternent et se couchent sur la route de Lhassa pendant des centaines de km | les villes de garnisons où il semble qu’il y ait plus de soldats Chinois que de civils Tibétains |
| les paysages, grandioses et majestueux | les enfants qui lancent des pierres sur les cyclistes |
| les lacs d’altitude couleur turquoise | les monastères sans moine |
| les montagnes enneigées | les nouveaux villages Tibéto-chinois avec des toits en tôle bleue, rose ou fushia |
| les drapeaux de prières en haut des cols | les lignes électriques qui défigurent à longueur de kilomètres des paysages en tout point sublimes |
| l’architecture massive des monastères | le vent ... |
| les Yaks, les aigles et les marmottes … | . |
| le thé au beurre de Yak | . |
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