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Le carnet de voyage au Yunnan (Chine) ...            (1 502 km / 11 Août - 04 Sept 2008)
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Les informations générales sur la Chine (valides en juin 2008)

  • Capitale : Pékin.
  • Superficie : ~ 9,596,960 km2 (= 14 x France).
  • Population : ~ 1,322 millions d'habitants (= 20 x France).
  • Densité : 138 habitants / km2.
  • Langue : Mandarin, Cantonais et Tibétain.
  • Principale religion : Boudhisme Mahayana.
  • Indice de Développement Humain (IDH) : 0.768, soit le 81ème pays sur 177. Qu'est-ce-que l'IDH ?
  • Système politique : République populaire (communiste).
  • Président : Hu Jintao (depuis 2003).
  • Premier secrétaire du parti communiste : Hu Jintao (depuis 2002).
  • Taux de croissance 2006 : 10.5%.
  • Monnaie : Yuan Ren-Min-Bi (CNY), 1 Euro = ~ 10.7 Yuan.
  • Principaux produits importés : machines électriques/mécaniques, pétrole, carburant et plastique.
  • Principaux produits exportés : machines électriques/mécaniques, textile et accessoires d'habillement.



La carte de Chine avec l'itinéraire suivi (en vert). Le Yunnan est au sud de la 
frontière Yunnan / Tibet.

China




Le récit du voyage au Yunnan avec les meilleures photos :


Lundi 11 Août, 14h00 :  je franchis le pont qui mène à la Chine et je suis aussitôt accueilli par les douaniers chinois. Je suis le seul « blanc » au poste frontière, les restrictions sur les visas pendant les jeux olympiques en ont manifestement découragé plus d’un.

Une charmante interprète veille à ce que tout se passe aussi bien que possible. Je remplis les documents, montre mon passeport, et j’obtiens rapidement mon tampon. C’est rapide ! Je vais donc pouvoir entrer en Chine … après le passage aux rayons X du vélo et des bagages.

Je note au passage que des vélos surchargés vont et viennent sans arrêt, et je me dis que les Chinois ont poussé le concept du surchargement encore plus loin que les Viêt-Namiens. C'est incroyable !
velos chinois

LA CHINE, et bien c’est différent !! c’est TRES différent. J’ai quand même déjà pas mal voyagé jusqu’ici, mais j’ai rarement ressenti une si totale absence de repère, c’est un peu comme débarquer sur une autre planète. Plus personne ne parle anglais, je ne parle pas encore Chinois, tous les panneaux sont virtuellement illisibles … et je déambule dans cette ville frontière, Hekou, à la recherche d’une banque et d’un hôtel.

Plus j’avance et plus je suis étonné, la ville est … moderne, propre, silencieuse et bien agencée, c'est-à-dire pas vraiment en phase avec les clichés véhiculés en Europe. La moitié des scooters sont électriques, les bus aussi sont électriques … les trottoirs sont larges, marchables et des arbres fournissent une ombre appréciable. Cela n’a donc rien à voir avec le Viêt-Nam bruyant, vrombissant et poussiéreux. Moi qui apprécie la bicyclette pour sa progressivité, j’avoue qu’en franchissant cette frontière j’ai été totalement pris à contre-pieds.

En soirée, après mon dîner, et alors que je commence à me familiariser avec ce nouvel environnement, je me dirige vers ce qui ressemble au marché de la ville. C’est un grand bâtiment avec un haut plafond et un deuxième étage qui fait le tour du premier et le surplombe. En rentrant, je n’ai pas le temps de lever la tête pour voir ce qu’y s’y passe que je suis pris de surprise par la combinaison inattendue (et certainement unique) d’une vieille odeur de poisson séché, d’étales de fruits et légumes, de magasins de chaussures … et de sex-shops plus explicites les uns que les autres, vantant avec moult illustrations les avantages respectifs des différents modèles pour monsieur et madame, avec ou sans piles, avec ou sans télécommande … et en relevant la tête, je réalise alors que le second étage est réservé aux demoiselles de petite vertu. Bref, un bien drôle de mélange …


Mardi 
12 Août : j’attaque mon périple à travers la Chine.

En route ...

Je commence par longer le Fleuve Rouge, qui mériterait de s’appeler le Fleuve Marron tant les dernières pluies lui ont donné une couleur café au lait. La route est plutôt bonne mais se dégrade rapidement, en plusieurs endroits elle porte encore les stigmates de nombreux glissements de terrain et inondations. A en juger par les traces de boue sur les arbres, le fleuve a recouvert la route et les berges de deux bons mètres par endroits, soit une bonne dizaine de mètres au dessus de son cours actuel. Heureusement que je ne suis pas arrivé une semaine plus tôt.

Le fleuve rouge ...

Evidemment se pose rapidement le problème du déchiffrage des panneaux, et de la prononciation correcte du nom des villes. Pour ne rien simplifier, de nombreuses villes ont deux noms … plus que jamais, la boussole est mon alliée !!

Directions ...  Femme en habit traditionnel

Ci-dessus à droite, une femme d’une des nombreuses minorités ethniques de la région en habit traditionnel, dans le petit village de Xinjie / Liapuathan (c’est selon).


Mercredi 13 Août : compte tenu de l’état de la route hier et des renseignements obtenus –ou devinés- au village, je décide de modifier mon itinéraire en abandonnant le Fleuve rouge et en continuant sur une plus grosse route, du moins c’est ainsi qu’elle apparaissait sur la carte.

Le goudron cède rapidement sa place à de la terre, mais cela reste assez roulant, je passe devant de nombreuses petites cabanes à flanc de montagne, c’est très pittoresque, et le cheval est manifestement le moyen de transport privilégié dans la région.

Les petits chevaux

Enfants sur la route de Pingben ...

Enfants ...

Hélas, hélas, après le goudron, c’est la terre qui disparaît et ne subsistent alors plus que d’énormes cailloux sur la route. Là, ce n’est plus roulant du tout. En plus la pente est raide, il y a des glissements de terrain, de la boue et il y a même une rivière en plein milieu de la route (d’où ce villageois qui me mimait la brasse quand je lui demandais l’état de la route à venir). Bref, à peu près ce qui se fait de pire comme conditions. Après 4 heures d’efforts, il est midi et je n’ai parcouru que 20 km. Ma vitesse maximum a été de 13.5 km/h : consternant. Moi qui croyais me simplifier la vie en changeant mon itinéraire, je me suis bien trompé. Quelle punition !

route 326 .. inondations

Mes réserves en nourriture commencent à s’amenuiser quand j’arrive au niveau d’un camion arrêté en bord de route et dont les occupants sont occupés à préparer le déjeuner. Comme hier déjà, je ne peux refuser l’invitation et je me joins au petit groupe pour un repas pique-nique des plus agréables.

Une fois mes batteries bien rechargées, on m’indique que la route continue à monter et l’on me montre des pierres pour m’expliquer de quoi elle sera faite … diantre, mais combien de temps cela va-t-il encore durer !? Et bien exactement 2 heures et 10km de plus, dans les mêmes conditions donc, mais l’altitude aidant, avec des paysages de rizières vraiment très spectaculaires.

Rizieres ...

Rizieres ...

A 14h00, je parviens dans un village où la route bitumée fait une réapparition longtemps attendue : j’ai parcouru 30 km en 6 heures depuis ce matin, il me reste 70 km de route jusqu’à Mengzhi (prononcez Meungzheu) et seulement 4 heures de lumière. A ce moment là, ça semble difficilement jouable mais sait-on jamais, sur un malentendu …

La route, d’une très bonne qualité, serpente entre de nombreuses et très hautes montagnes, mais elle ne monte que légèrement et graduellement, autorisant des vitesses inconnues jusque là, de l’ordre de 25 à 30 km/h. Tout (re)devient possible. Au fur et à mesure, les montagnes s’aplanissent et je parviens sur un plateau, à 1 500 mètres d’altitude, puis la route redescend légèrement jusqu’à Mengzhi où je parviens à la tombée de la nuit. Mission accomplie, je ne camperai pas ce soir !!


Jeudi 14 Août : je prends un jour de repos à Mengzhi ... et j'en profite pour visiter un peu. Tout d’abord, la taille du point indiqué sur la carte ne laisse absolument pas présager de la taille mastodontesque de cette ville. Les artères principales font 2x4 voies auxquelles il convient d’ajouter une voie cyclable de chaque coté, le tout séparé par des palmiers et des plantes d’ornement parfaitement taillés, on se croirait à Singapour ...

Mengzhi Mengzhi 

La ville est manifestement sortie de terre très récemment, en attestent les nombreux quartiers fantômes … mais les choses n’ont pas été faites à moitié : rues piétonnes, larges trottoirs, pistes cyclables, avenues larges et boisées, véhicules électriques, quartiers mixtes (logements et magasins), poubelles en tri sélectif, parcs … tout semble avoir été bien réfléchi. Si on y ajoute un climat tempéré particulièrement agréable et la vue sur les montagnes en arrière plan, franchement on obtient une ville où il fait certainement bon vivre.

Lac de Mengzhi

En périphérie de la ville, de nombreux bâtiments relativement extravagants sont en construction, dont plusieurs tours de 30 à 40 étages … ainsi qu’un Colisée surmonté de plusieurs statues romaines …


Vendredi 15 
Août je pars en direction de Jianshui. J’apprécie de pouvoir rouler sur une large piste cyclable pendant une bonne vingtaine de kilomètres. Je me prends alors à rêver que celle-ci va me conduire jusqu’à Jianshui ... quand je parviens à un péage autoroutier où elle stoppe net ! Voilà qui n’est pas commun. Je demande ma route et l’on m’indique tout droit, par l’autoroute donc ! Le trafic est léger et les vitesses sont faibles, alors je décide d’emprunter l’autoroute, la seconde de mon voyage après celle conduisant à Hanoi.

10 km plus loin je parviens au péage de Jinjie et là, normal, je dois poursuivre ma route sur le réseau secondaire. Un policier me dessine une carte très juste et je n’ai aucun problème pour trouver mon chemin. Jinjie se caractérise par quelques immenses mosquées ainsi que par une multitudes d’usines rejetant une fumée acre particulièrement désagréable.

Peage Usine fumante

En sortant de Jinjie, je me rends compte que la route est en piteux état. Il semblerait qu’il n’y ait pas de juste milieu entre la superbe autoroute et le chemin de terre défoncé. Par endroits, quand le bitume réapparaît, c’est à croire qu’il a été déposé sur un champs de bosses …

Ci-dessous, un marché où je fais ma pause déjeuner. Mon vélo, même sale et recouvert de poussière, attire toujours autant l’attention …

Sur le marche Inspection du velo

Le plat du jour : de grosses nouilles accompagnées d’une pâte de cacahuètes, de quelques beignets de tofu … et de pommes de terre. Franchement excellent !!

A table

Sur le marché, on trouve essentiellement des fruits et légumes, mais il y a aussi l’apothicaire ambulant du coin, avec (à droite) ce qui ressemble fortement à une patte de tigre !!

Phamacopee traditionnelle Pate de tigre ...

Le tigre en Chine est au mieux en voie d’extinction … mais il semblerait en fait qu’il ait déjà totalement disparu. Le braconnage, la pollution, l’urbanisation et les habitudes médicinales locales auront eu raison de lui.

Ci-dessous, à quelques km de Jianshui : aujourd'hui, 97 km de plus au compteur.

En route

Jianshui est une ville typiquement Chinoise, en pleine explosion démographique et en construction. J’ai pédalé pendant 4 km sur une avenue fantôme où tous les bâtiments sont en construction, avant de parvenir au centre historique de cette ancienne cité qui abrite le second plus grand temple de Chine dédié à Confucius …

Ce temple, magnifique, fut construit au XIII ème siècle au cours de la dynastie Yuan. Ci-dessous, il s’agit de la mer des Etudes (symbole de l’immensité du savoir Confucéen) et du petit pont conduisant au pavillon du Plaisir de penser.

Temple de Confucius Confucius

Après le temple de la littérature de Hanoi, voici donc le second temple dédié à Confucius sur ma route. Confucius, rappelons-le, est le personnage historique ayant le plus marqué la civilisation chinoise. Il fut considéré comme le premier « éducateur » de la Chine et son enseignement a donné naissance au confucianisme, une doctrine politique et sociale qui a été érigée en "religion d'État" dès la dynastie Han (200 ans avant notre ère) !

Ci-dessous deux citations extraites d’ouvrages écrits par Confucius :

"Nulle pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve."

"Quand vous rencontrez un homme vertueux, cherchez à l'égaler. Quand vous rencontrez un homme dénué de vertu, examinez vos propres manquements."


La résidence de la famille Zhu (ci-dessous) constitue le second véritable trésor de Jianshui. Il s’agit d’un ensemble d’une trentaine de pavillons qui s’étendent sur 2 ha, en plein coeur du centre historique de la ville. Cette résidence fut construite à la fin du XIX ème siècle.

Entree de la maison de Mr Zhu Ruelle interieure ...


Samedi 16
Aoûtje viens juste de réaliser que la Chine est en avance d’une heure sur le Viêt-Nam … cela fait 5 jours que je retarde … j’ai vraiment l’impression d’aller à l’envers, plutôt que de réduire le décalage horaire avec la France, je dois donc maintenant le porter de 5 heures à 6 heures.


Dimanche 17 Août : ce matin, c’est le réveil-pétard qui me fait sortir du lit. Je ne sais pour quelle raison, mais ce matin à 6h00, des pétards ont explosé par rafales successives pendant deux bonnes minutes. C’est très désagréable, je suis du coup d’une humeur assez moyenne …

Le spectacle de la journée rétablit cependant mon humeur au beau fixe ; les paysages sont somptueux, avec de petits villages de maisons en terre et toits traditionnels, des cultures maraîchères donnant l’impression de traverser un potager géant, des animaux dont de nombreux ânes … et bien sur des montagnes en arrière plan !

Village de maisons en terre ... Et les petits anes ...


Pour la pause déjeuner, je choisis une échoppe où sont déjà attablés plusieurs enfants. La façon la plus simple de faire comprendre ce que l’on veut manger, c’est encore de montrer ce que les autres mangent d’un geste de la main. Donc aujourd’hui, ce sera un plat de pâtes avec de la viande de chèvre : c’est délicieux. Alors que je finis mon plat, je vois bien que la cuisinière essaie de me faire comprendre quelque chose, oui mais quoi ? elle me montre le petit camion bleu de l’autre coté de la route avec insistance, comme si il avait un lien avec mes pâtes. Je me lève, me rapproche et que vois-je ? eh bien je vois un chien tranquillement allongé sous le petit camion bleu tout occupé à faire la sieste … et ma cuisinière d’insister, l’air de dire « je viens de te servir son frère !! » Sacrebleu, mais c’est bien sûr, j’aurais dû me méfier, depuis une semaine que je mange de la chèvre, je n’en ai pas croisé une seule sur le bord de la route !!

Ceci dit, et aussi dérangeant que cela soit en France de manger du chien, il serait tout de même intéressant de se demander pourquoi il y a une telle discrimination entre les races d’animaux. Quelque part, c’est du racisme pur et simple, et franchement à y réfléchir, il y a certainement beaucoup plus de raisons objectives de manger du chien (c’est un avis de cycliste) que du lapin, qui lui jamais n’aboie ni ne mord.


En milieu de journée, le temps se couvre et il se met à pleuvoir, ce qui n'est jamais vraiment agréable, donc j'écourte mon étape du jour et je m’arrête à Tonghai. Du coup, demain, pour rallier Kunming, je prévois une étape de 130 à 140 km …

Le potager geant ...


Lundi 18 Août : j’ai une grosse journée devant moi, d’autant que j’aimerais bien arriver à Kunming avant la fermeture des magasins de vélos ... car j’ai remarqué une usure assez importante de mes jantes et l’avis d’un expert sur la question me rassurerait avant d’attaquer les grosses montagnes de l'Himalaya.

A 6h00 je suis debout et à 7h00 je suis sur le vélo. Il fait frais, c’est normal car il est tôt. En route, je m’arrête à plusieurs reprises pour goûter une gelée un peu bizarre, que l’on obtient en mélangeant de la poudre à base de lotus et du Thé vert. Ca se mange, c’est nourrissant et sucré. A midi j’ai parcouru 85 km, je suis donc dans les temps … et encore une fois, impossible de payer pour mon déjeuner, c’est offert par la maison !! Les Chinois ont vraiment le sens de l'hospitalité ...

Sitôt reparti, arrive ce qui devait arriver : un col à monter. C’est mathématique, je suis parti ce matin de 1 300 mètres et je dois arriver ce soir à 1 800 mètres, donc à un moment, il fallait bien que ça monte, et c’est maintenant. Rien de bien méchant toutefois, j’en ai vu d’autres, mais je dépasse tout de même nettement mon précédent record d’altitude puisque je monte cette fois-ci jusqu’à 2 090 mètres. Au sommet, je suis accueilli par la police qui me fait signe de me ranger, et qui manifestement souhaite voir ce qu’il y a dans mes sacoches : pure curiosité … et devant ma mine peu enjouée à l’idée de déballer sur le bord de la route ce que j’ai mis tant de soin à bien ranger, le chef donne une instruction et me fait signe de repartir …

La descente marque le début de la fin pour la route, qui abandonne son lisse et son bitume par la même occasion, et ce sera comme ça jusqu’à Kunming … dans la poussière et la boue, encore. C’est d’ailleurs une belle illustration de cette Chine à deux vitesses dont on entend si souvent parler. Les villes ne sont finalement que des oasis de modernité au milieu d’un océan de sous-développement.

16h00, je parviens aux portes de Kunming, le plus dur semble fait, j’en suis à 140 km depuis ce matin … mais rentrer dans une ville de 5 millions d’habitants, en vélo et avec pour seule carte celle de mon guide de voyage, ce n’est pas une mince affaire. Ou aller ? quelle route suivre ? Est-ce seulement Kunming ou bien sa banlieue ? Bref, sur ce coup 
j’ai eu de la chance car totalement au flair, je suis rapidement tombé sur une artère qui figurait sur ma carte : Dongfeng Donglu !!

Kunming ... Kunming

Le temps de trouver un hôtel et de poser mes bagages, je suis déjà reparti à la recherche du magasin de vélos dont j’ai trouvé l’adresse sur Internet. Je me débats un peu dans le trafic mais circuler à Kunming est bien plus aisé et beaucoup moins dangereux qu’à Bangkok. Je tourne, je vire et je parviens dans la bonne rue … pour tomber sur un rideau de fer baissé au numéro indiqué. Saperlipopette, il ne manquait plus que ça !!

Renseignements pris auprès du magasin de chaussures à côté, le magasin de vélos a déménagé un peu plus loin, dans les environs de l’université. J’ai le nom de la rue, mais pas le numéro. Je me débrouille, et je finis par y arriver à 18h10 … alors qu’ils ferment, car ils ferment à 18h00. Il faudra donc repasser demain. Quelle journée !!


Kunming
est surnommée la « cité de l’éternel printemps » en raison de la douceur de son climat, et il est vrai que le changement par rapport à la chaleur tropicale de l’Asie du Sud Est est saisissant. Kunming a une longue histoire, mais la partie la plus inattendue concerne certainement l’époque où la France voulut s’y implanter afin de tirer profit des ressources de la région, au nombre desquelles figuraient divers minerais ... et le pavot pour la production d’opium. C’était entre la fin du XIX siècle et le début du XX, la France obtint même l’autorisation de construire une ligne de chemin de fer entre Hanoi et Kunming, une ligne qui ne fut que partiellement réalisée ...

Aujourd'hui Kunming n'a rien à envier à la plus développée des villes occidentales, tout y est, c'est une ville ultra-moderne, et la qualité de l'air y est en plus remarquable, ce qui est une aubaine pour les nombreux cyclistes.

Ci-dessous à gauche, la pagode de l'est, qui fait face à la pagode de l'ouest, du même style, mais qui se trouve environ 500 mètres plus à l'ouest ... évidemment …

Kunming Kunming


Premier passage chez le docteur pour mon vélo vert. Les jantes sont fortement creusées et le témoin d’usure a disparu. Potentiellement, les roues auraient donc pu se briser à tout moment depuis que j’ai quitté le Viêt-Nam. Pourtant, les avis des experts sont variés, certains prônant le remplacement immédiat et d’autres arguant que ça peut tenir encore 6 000 km. Comme j’ai devant moi au moins 3 000 km sans possibilité sérieuse de réparer, j’opte donc pour la sécurité en espérant que ces nouvelles jantes seront de bonne qualité.

Ci-dessous à gauche, le remontage du moyeu de roue arrière et des rayons sur la nouvelle jante. C’est un long et fastidieux travail afin que la roue finisse par être bien ronde, il faut environ 1h30 par roue !!
Les Coordonnées du Fattire Fun Montain Bike Club : No 51 unit 5 of Beimen Rd, ~ 1 km au nord du parc Cuihu.


A l'ouvrage ... Sur bequille ...

Je vais surveiller de près l'usure de mes nouvelles jantes, mais une chose est sure, c’est que les jantes qui équipaient mon vélo au départ (des Rigida Grizzly) n’étaient pas de bonne qualité. On n’use pas une paire de jantes en 3 000 km, surtout quand cela comprend 2 000 km de plat. Alors jantes bas de gamme ou défaut de fabrication, je ne sais pas … mais ce n’est vraiment pas sérieux !!


Jeudi 21 Août je pars plein ouest en direction de Dali, situé à un peu plus de 400 km de Kunming. J’espère pouvoir effectuer la distance en 3 jours, mais malgré une bonne première journée (130 km), je me rends vite compte que cela va être difficile à tenir. Ce qui ressemble à une vallée sur ma carte n’est en fait qu’une succession de belles collines de plus de 2 000 mètres (avec un maximum à 2 390 m), et la route 320, surtout, est dans un état lamentable : il y a des tranchées à chaque mètre environ, des trous partout, des bosses aussi, le bitume est craqué, fondu, fondant ou absent … et dans ces conditions je ne fais que rebondir incessamment sur ma selle, sans avoir vraiment l’occasion d’appuyer franchement sur les pédales. Ma vitesse moyenne sur le plat n'est que de 15 km/h, c’est frustrant … mais c’est ainsi.

Par contre je suis gâté par la météo, car comme prévu, c’est grand beau avec un magnifique soleil une fois la brume matinale dissipée … (ci-dessous : il est 8h00 du matin dans une vallée encaissée juste après le village de Yipinglang).

Dans la brume du matin Je ne suis pas du matin ....

La route passe par de nombreux villages d’altitude habités par les minorités ethniques de la région. La population du Yunnan, cette province du Sud de la Chine que je parcours depuis deux semaines maintenant, a ceci de particulier qu’elle est constituée d’une majorité de minorités. On recense ici 25 des 56 minorités ethniques présentes dans toute la Chine.

Village

Si la route est mauvaise, les paysages sont par contre très agréables. Les collines sont couvertes de sapins avec de nombreux petits lacs et potagers à leur base. Les paysans vont et viennent sur la route à pied, à cheval ou sur un motoculteur trafiqué avec leur récolte du jour.

Lac ...

J’ai une image qui me reste à l’esprit : celle de cette femme lourdement chargée d’une grande hotte remplie de verdure, maintenue grâce à une lanière lui passant sur le front, le dos courbé … et avec son mari la suivant derrière à un mètre (enfin j’imagine, c’est l’impression que cela donnait), droit et fier, la pipe à la main !! Ce n’est pas un cas isolé, et il semblerait que certaines femmes de la région n’aient pas encore dépassé le stade de reconnaissance du poney !!

Un peu plus loin, peu après la ville de Xianghun, la route est bordée de nombreux sculpteurs sur pierre … ils font de la poussière, mais bien peu en comparaison de la cimenterie près de laquelle je suis passé hier, et qui elle a recouvert toute la région dans un rayon de 20 km sous un épais manteau gris : c’était irrespirable !! !! Petit rappel sur les cimenteries, les poussières qu'elles dégagent, en plus des problèmes respiratoires qu'elles occasionnent, contribuent également significativement au réchauffement climatique !

Sculpteurs


Ci-dessous une pagode -toujours en construction- visitée en route ...

Pagode

... et quelques visages ...

Rigolard ... ... et les trois grand-meres


Dimanche 24
Août : finalement après 4 jours, 430 km et quelques belles ascensions, j'arrive en milieu d'après-midi à Dali. La ville, perchée à 2 000 m d’altitude, s’étend au pied de la chaine Cangshan (4 000 m d’altitude en moyenne) et à l’ouest du grand lac Erhai. La population est majoritairement constituée de la minorité ethnique Bai.

A velo Sur le marche

Dali est une petite ville traditionnelle avec de vieux remparts de pierre, de grosses portes médiévales, des rues et des ruelles pavées, bordées d’élégantes maisons basses. Il se dit que pour différencier le vrai vieux du nouveau de style vieux, il faut regarder s’il y a de l’herbe sur le toit … et à voir certaines maisons, c’est presque à se demander si on n’y rajoute pas de l’engrais pour faire encore plus authentique !!

Maisons basses

Ci-dessous, dans la rue Fuxing Lu ...

Dali Dali


Mardi 26 Août : je pars ce matin en direction de Zhongdian (3 160 m), il s'agit de l'avant-dernier poste avant le Tibet et je pense y arriver dans 3 jours (305 km). La première journée est à oublier, il pleut du matin au soir, les nuages sont bas et les montagnes sont invisibles … ce n’est pas la joie, et en plus il fait froid … et mon hôtel ne dispose pas d’eau chaude !! Allez, il fera beau demain.


Mercredi 27 Août : Après une journée passée sous la pluie, le terme « beau temps » devient très relatif … et un petit coin de ciel bleu suffira ce matin à mon bonheur. La route serpente entre les montagnes et rejoint rapidement le bord d’une vallée où commence une formidable descente, entre les sapins, et avec comme point de mire le Yangtze Kiang …

Yang Tze Kiang

Peu avant le village de Qiaotou, mon village étape de cette seconde journée, le Yangtze Kiang bifurque à l’est et se dirige vers les gorges du « saut du Tigre ». Ces gorges, vertigineuses, sont coincées entre deux montagnes de plus de 5 000 mètres et au point le plus étroit, elles ne font que 25 mètres de large. La légende veut qu’un jour un tigre aurait franchi depuis ce point la rivière afin d’échapper à un chasseur … d’où le nom !

Le village de Qiaotou est traversé par un torrent rendu furieux par les pluies de ces derniers jours, le bruit est assourdissant et à tout dire peu rassurant. Le marché du village se trouve juste à côté, il est très animé, et j’y rencontre pour la première fois une minorité ethnique dont la coiffe est pour le moins originale et imposante (ci-dessous, tout à droite).

Quiaotou Quiaotou

C’est aussi sur ce marché que je rencontre la jeune Yan Mei, 15 ans, et particulièrement douée en anglais … c’est donc pour moi l’occasion d’échanger un peu après tant de journées passées à bredouiller en Chinois et à mimer ! Yan Mei m’explique qu’elle habite un village à trois heures de marche de Qiaotou, et qu’elle va prochainement débuter le lycée en internat à Zhongdian. Son but ? accéder ensuite à l’université. Son rêve ? permettre aux jeunes de son village de faire des études. Elle a 15 ans et est étonnante de maturité … et je ne peux m’empêcher de me demander à quoi rêvent les jeunes filles françaises du même âge ?


Jeudi 28 Août : attention, aujourd'hui est un grand et magnifique jour ! En arrivant le soir à Zhongdian, je me suis même dit que ce devait être le plus beau jour de mon voyage, rien de moins …

Je quitte Qiaotou de bon matin, dans la fraicheur et au milieu des nuages bas, comme je commence à en avoir l’habitude … la route remonte le torrent, la pente est importante et les flancs de la montagne laissent par endroits dévaler de belles pierres. Peu à peu le ciel s’éclaircit et le soleil commence à traverser les nuages. Après 30 km parcourus, je m’arrête pour me réchauffer un peu et c’est à ce moment que je découvre la bonne nouvelle sur mon téléphone portable : mon permis de voyage au Tibet vient d’être approuvé et je vais donc pouvoir continuer ma route comme prévu. C’est un véritable soulagement. Il aura fallu les autorisations du ministère des affaires étrangères, du ministère du tourisme et de l’armée au Tibet … ce qui à un moment me semblait insurmontable, mais c’était sans compter sur l’aide précieuse de Karine (voir plus loin) et sur l’efficacité de l’équipe CITS de Kunming. Qu’ils soient tous ici remerciés.

Alors après une telle nouvelle, la « grimpette » jusqu’au plateau sur lequel se situe Zhongdian se fait sans aucune peine, et avec le cœur en joie …

Tibet OK depuis le haut du plateau ... 3000m et plus ...

Une fois parvenu sur le plateau, l’altitude moyenne est de 3 100 m. Le décor change en conséquence : il y a des prairies, des yaks, des maisons de style tibétain et au loin de grandes forêts de sapins ... les visages des habitants aussi ont changé, avec leurs belles pommettes rouges si caractéristiques. Cette région faisait d'ailleurs partie du Tibet d'avant 1950, avant que la Chine n'envahisse le pays et ne redéfinisse les frontières du Tibet à l'ouest, à l'est et au nord, amputant ainsi ce grand pays d'une bonne partie de son territoire, avec la conséquence ubuesque qu’il se trouve aujourd’hui plus de Tibétains hors du Tibet qu’à l’intérieur.
Sur le plateau, a 3000 ...


La couleur des prairies est saisissante ... bienvenue sur le toit du monde !!


Sur le plateau


Vendredi 29 Août : Karine, une très bonne amie qui travaille en Chine dans le secteur du tourisme depuis maintenant deux ans, se joint à moi pour partir à la découverte de Zhongdian et de ses environs.

Ci-dessous à gauche, la vieille ville, et à droite, du fromage de Yak !!

Zhongdian Fromage de Yak

Le soir venu, les habitants, jeunes et moins jeunes, se réunissent sur la place de la vieille ville et se lancent alors dans une longue farandole très élaborée …

La ronde du soir ...


Ci-dessous, le monastère Songzanlin, situé à seulement quelques km de Zhongdian. Adossé à une colline, entouré de pâturages et de villages, c’est le plus grand monastère de la région. Il s’agit d’une des 13 grandes lamaseries de la secte des Bonnets Jaunes.

Monastere Songzanlin Monastere Songzanlin


Dimanche 31 Août : il est temps de se remettre en route, cette fois en direction de Dequin, situé à 200 km et perché à 3 500 m d’altitude. Je compte y arriver dans deux jours.

Je passe d'abord par le lac Napa, puis la route monte vers un premier col à 3 400 m, ce qui me permet de me réchauffer, il ne fait que 13 degrés ce matin … 

Lac Napa

… puis ensuite la route plonge littéralement au fond d’une étroite vallée bordée de montagnes arides, pour rejoindre à nouveau le Yangtze Kiang.

Je suis maintenant à 1 900 m d’altitude, je viens d’abandonner en l’espace d’une heure 1 500 m de dénivelé, et autant d’énergie potentielle, ce qui ne me ravit que moyennement compte tenu du col à 4 290 m qui m’attend demain.

Je décide donc de continuer plus loin que la ville de Benzilan où je pensais passer la nuit, pour ainsi récupérer un peu d’altitude en route, ce que je fais en m’arrêtant finalement à Shusong, dernier village avant Dequin et situé à 2 700 m.






Ci-dessous, la ville de Benzilan vue d’en haut …
Yang Tze Kiang ... encore ...

Et hop, on remonte ...

Et puis ci-dessous, un dernier au revoir au Yangtze Kiang, que je ne reverrais plus maintenant sur ma route.

Yang Tze Kiang vu de haut


Lundi 1er Septembre : après une bonne nuit dans la pension très incomplète que j’ai trouvé hier soir à Shusong (pas de douche et seulement les toilettes commune du village …), je pars à l’assaut du col de la montagne Baima, à 4 290 m. Le temps est couvert et il fait plutôt froid ce matin, mais le plus dur est à venir, car après seulement une dizaine de km, la route se transforme en un infâme pierrier. Dans ces conditions, ma progression est très, très lente, de l’ordre de 7 km/h en moyenne ... ce qui me permet de prendre des photos sans même m'arrêter ! Ci-dessous à droite un Yak !

Enfer de pierre ... Yak

L’enfer de pierres n’en finit pas : 10 km, 20 km, 30 km … et je n’entrevois toujours ni le haut du col, ni la fin des pierres. J’ai dépassé les 4 000 mètres et j’ai le souffle court, rien d’alarmant toutefois, surtout il fait humide et froid, vraiment froid, à peine 8 degrés. Je me suis résolu à ranger mes sandales et à sortir mes chaussures fermées ...

Finalement le haut du col se dévoile, il est 16h00, les nuages vont et viennent, parfois le soleil réussit une courte incursion des plus appréciées … mais aussitôt il repart. Je ne m’éternise pas au sommet car la route est encore longue et je n’en ai pas encore fini avec les pierres, ce qui me promet une descente à peine plus rapide que la montée.

Dans la brume ... vers le col de Meili snow mountain (4292m) montagne aride

Un peu plus tard dans la descente, le bitume refait une apparition très longtemps attendue : 43 km, j’aurai donc roulé (ou plutôt sauté et rebondi) pendant 43 long km sur des pierres … mais c’est bien vite oublié, maintenant la descente est belle et je vois au loin, tout au loin, la montagne sacrée du Kawagebo (6 740 m) ainsi que le glacier qui dévale le long de ses flancs en direction des gorges du Mékong. Si, si, faîtes un effort, vous allez le voir …

Kawagebo et son glacier

Faisant face au Kawagebo, des drapeaux religieux comme on en voit si souvent au Tibet … dans la lumière de la fin de journée. Dequin n’est maintenant plus qu’à 8 km, le plus dur est fait, et ce ne sont pas les quelques glissements de terrain en route qui me ralentiront.

Pres de Dequin Pres de Dequin


Mercredi 3 Septembre : c’est mon dernier jour dans la province du Yunnan, je me rends ce matin au Temple de Felai Si, d'où l'on peut admirer à souhait le magnifique Kawagebo !

Place maintenant au Tibet ...




De la démocratie en Chine ?

Puisque la question m’a été posée par des Chinois, il a bien fallu que j’y réfléchisse un peu. Pour ou contre la démocratie en Chine ? Et puis d’abord, comment se définit la démocratie ? S’agit-il seulement d’inviter le peuple à voter une fois tous les deux ou trois ans ou bien s’agit-il d’une réelle et forte participation d’un peuple souverain et en charge de son destin ? Déjà ici il y a débat, et si l’on retient la seconde définition, force est de constater qu’il y a peu de démocratie en ce monde, la Chine ne faisant alors pas exception.


La démocratie, Abraham Lincoln la définissait ainsi en 1863 : le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Cette définition excluait d’entrée le principe de délégation qui est pourtant aujourd’hui la règle dans les pays occidentaux, par l’intermédiaire des 
élus. Le terme a donc été dévoyé au fil des ans, c’est finalement assez commun, retenons donc le postulat, actuel mais faux, qui veut qu'un pays où les gens votent est une démocratie. En quoi cela constitue t-il un modèle idéal ?
  • Est-ce-que la démocratie garantit la paix ? Non, force est de constater que les démocraties se révèlent parfois extrêmement belligérantes. L’Allemagne nazie était une démocratie …
  • Est-ce-que la démocratie garantit le respect des autres peuples ? Non, les puissances coloniales, dont la France et l’Angleterre, étaient des démocraties.
  • Est-ce-que la démocratie garantit le respect des lois internationales ? Non encore, l’histoire récente le prouve avec l’invasion de l’Iraq par les États-Unis.
  • Est-ce-que la démocratie garantit la liberté d’expression et d’opinion ? Ouh la, non, non, non, pour preuve la chasse aux sorcières organisée aux Etats-Unis durant les années 50, où le moindre soupçon d’allégeance au communisme vous valait les pires ennuis …
  • Est-ce-que la démocratie garantit le respect de l’expression du vote du peuple ? Non, même pas, il n’y a qu’à se référer au rejet de la constitution Européenne en France et aux Pays-Bas.
  • Enfin, considération d’actualité, la démocratie peut elle prévenir le terrorisme d’état ? Hélas la réponse ici aussi est non, et c’est une affaire qui a été peu reprise dans les médias tant elle est honteuse. Les Etats-Unis ont été jugés coupables en 1986 de terrorisme actif au Nicaragua par le tribunal international de La Haye, et condamnés à payer des réparations qui ne furent jamais honorées puisque les Etats-Unis ne reconnaissent pas la légitimité de la cour internationale de justice. Il faut bien avouer que condamner officiellement les États-Unis pour terrorisme, cela fait désordre à l’heure de leur guerre contre le terrorisme !
Cette liste n’est pas exhaustive, j’aurais pu y ajouter des considérations environnementales (les démocraties sont les principaux pollueurs), mais à elle seule elle permet de semer le doute sur le bienfondé de l’actuelle pensée à sens unique qui présente la démocratie comme l’ultime idéal politique à atteindre. Un vieux proverbe indique que : « lorsque tout le monde est d’accord, c’est que personne n’a bien réfléchi » ... alors il serait peut-être bon et surtout temps de réfléchir un peu plus.

Pour en revenir à la démocratie en Chine, pays de 1,3 milliard d’individus dont une écrasante majorité est peu ou pas du tout éduquée, on peut tout de même s’interroger sur les motivations qui poussent l'occident à promouvoir avec tant de passion l'idéal démocratique ... et quelque chose me dit que cela n’a rien à voir avec les droits de l’homme !!




Le fait marquant au Yunnan

Il y a en fait deux faits marquants. Le premier concerne l’incroyable contraste entre l’image « du » chinois dans les médias occidentaux, plutôt rustre et pas franchement avenant, et la réalité sur le terrain dans la province du Yunnan (qui n’est peut-être par contre pas représentative du reste du pays, je ne peux me prononcer sur ce point) où j’ai chaque jour été émerveillé par la gentillesse et la générosité des habitants.

Le second fait marquant concerne les multiples villes nouvelles qui sortent de terre un peu partout, et où la conception a fait la part belle aux considérations écologiques … ce qui ne doit pas faire oublier le gouffre qui les séparent de la campagne environnante, où l’air est souvent vicié.




J'ai aimé / je n'ai pas aimé au Yunnan 


j'ai aimé je n'ai pas aimé
la générosité spontanée des Yunnanais et Yunnanaises l’état des routes
la richesse culturelle et pluriethnique de la région la poussière et les fumées d'échappement des camions
la beauté des paysages les toilettes publiques sans chasse d’eau
l’urbanisme intelligent et moderne des villes nouvelles les rencontres inopportunes avec la police
la cuisine .




Les informations pratiques à propos du Yunnan

  • niveau de pollution atmosphérique : moyen pas terrible, entre la fumée des usines, la poussière des routes et les gaz d’échappement noirs des camions à l’agonie dans les nombreuses pentes de la région, l'air n'est pas très pur. Certains véhicules semblent bien plus adaptés à la propagation du cancer qu’au transportC'est pénible, surtout quand l'échappement est du côté droit, ce qui est malheureusement fréquent.
  • météo en Août 2008 : chaud et humide au sud de Kunming, froid et humide au nord-ouest de Kunming ... mais rarement de très grosses averses.
  • état des routes : moyen, pitoyable (R326), lamentable (320) et parfois excellent, c'est très inégal.
  • densité du trafic : moyen-faible.
  • comportements sur la route : bons.
  • traits de caractère : généreux, accueillants, curieux, joueurs (cartes, dominos ou échecs, ils jouent partout et sans arrêt) et aussi totalement monoglotes (comme les Français).
  • hospitalité : excellente, on m’offre repas, boissons ou fruits au moins une fois par jour.
  • cuisine : excellente, je me suis régalé. Riz et soupes de nouilles, bœuf, poulet, chèvre, chien (et oui …), yak, aubergines, pommes de terre et aussi champignons, une spécialité de la région. Voilà donc pour les ingrédients, que j ai pris l’habitude de pointer du doigt en cuisine … et pour les recettes, les cuisiniers ont du (et su) composer, toujours avec talent, avec mes choix !!
  • quelques prix : le litre d'eau potable = 2 RMB, un repas dans la rue = 15 RMB et une nuit en hôtel standard = 50 à 100 RMB.
  • dépenses moyennes par jour : ~ 20 Euros/jour.
  • la langue : très difficile ... Ni Hao (bonjour) et Xie xie (merci).
  • la phrase qui sauve : je n'ai pas réussi à en retenir une seule, par contre je me suis beaucoup amélioré en mime, à l’hilarité générale ...
  • le mot le plus entendu : difficile à dire, j'en ai trop entendu et trop peu compris !
  • les prénoms : Xiaowei pour un homme et Yanmei pour une femme.

vers le carnet précédent : le Viêt-Nam *** vers le carnet suivant : le Tibet


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