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Le carnet de voyage en Bosnie Herzégovine ...                    (619 km / 04 -14 Mai 2009)
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Les informations générales (valides en Avril 2009)

  • Capitale : Sarajevo.
  • Superficie : 51,309 km2 (= 0.08 x France).
  • Population : ~ 3.9 millions d'habitants (= 0.06 x France).
  • Densité : 76 habitants / km2.
  • Langue : Bosniaque (proche du Serbe et du Croate).
  • Principales religions : Islam, Orthodoxe et Catholicisme.
  • Indice de Développement Humain (IDH) : 0.802, soit le 75ème pays sur 177. Qu'est-ce-que l'IDH ?
  • Système politique : Démocratie semi-directe.
  • Président : Zeljko Komsic (depuis Juillet 2007).
  • Premier ministre : Nikola Spiric (depuis Janvier 2007).
  • Taux de croissance 2006 : 6%.
  • Monnaie : Konvertible Mark (KM), 1 Euro = ~ 2.0 KM.
  • Principaux produits importés : biens d'équipement et de consommation.
  • Principaux produits exportés : produits métallurgiques.



La carte de la Bosnie-Herzégovine avec l'itinéraire suivi (en vert)


Bosnie


Le récit du voyage en
Bosnie-Herzégovine avec les meilleures photos :

Lundi 4 Mai : 9h20, je me présente au poste-frontière Bosniaque. Il n’y a pas foule et les trois douaniers en poste ont l’air de s’ennuyer ferme. Je tends mon passeport au premier, qui le passe au second, qui le tamponne et le donne au troisième … qui me le rend. C'est du travail d'équipe ! Et une fois leur tâche accomplie, ils me lancent tous trois en cœur un sympathique « bonne route » en Français dans le texte ...

La route descend vers la vallée, cette même vallée dans laquelle je suis déjà descendu hier mais par la mauvaise route.

Frontiere

La Bosnie-Herzégovine, on en a beaucoup entendu parler pendant la guerre … mais qu’en avons-nous compris et retenu au juste ? Personnellement, pas grand-chose, et les deux panneaux ci-dessous, qui se succèdent en l’espace de 500m, me plongent dans l’expectative !!

Bosnie et Herzegovine Republique Serbe de Bosnie

Bienvenue en Bosnie et Herzégovine … suivi de bienvenue en République Srpska. Humm, humm … et au passage je relève que l’alphabet utilisé ici est l’alphabet cyrillique, un de plus.

1er panneau : bien qu'en français on dise couramment Bosnie-Herzégovine, la traduction littérale du Bosniaque
«Bosna i Hercegovina» est «Bosnie et Herzégovine» (que l'on retrouve dans la plupart des autres langues dont l’Anglais). Le pays unit ainsi deux régions historiques et n'est pas réductible à une Bosnie à laquelle on accolerait un adjectif.

2ème panneau : La Republika Srpska (RS), ou la République Serbe de Bosnie, est avec la Fédération de Bosnie-Herzégovine l’une des deux entités qui composent la Bosnie-Herzégovine (Attention à ne pas confondre avec la République de Serbie, plus généralement appelée la Serbie et dont la capitale est Belgrade). Cette République Serbe de Bosnie, République dans la République … fut créée en 1992 par Radovan Karadzic en anticipant la déclaration d’indépendance de la Bosnie-Herzégovine. En effet les Serbes de Bosnie (Orthodoxes) souhaitaient rester attachés à la Serbie et à l’ex Yougoslavie alors qu’une large majorité des Bosniaques (Musulmans) et des Croates (Catholiques) de Bosnie souhaitaient eux obtenir l’indépendance. Ils se sont exprimés en ce sens lors du référendum de Mars 1992, référendum qui ne fut pas reconnu par la Cour Constitutionnelle Fédérale Yougoslave ni par le gouvernement de la République Serbe de Bosnie. Une guerre civile éclata alors en Bosnie-Herzégovine … elle dura 4 ans, fit plus de 100 000 morts et environ 1 million de réfugiés.

Bien que la République Serbe de Bosnie existe aujourd’hui dans les faits, elle n'est pas pour autant reconnue comme un état indépendant. Ainsi, seule la Fédération de Bosnie-Herzégovine est habilitée à représenter l'ensemble du territoire aux yeux des organismes internationaux et des différents états. Pour les Bosniaques et les Croates de Bosnie-Herzégovine, la République Serbe de Bosnie reste un territoire de la Bosnie-Herzégovine occupé par les Serbes alors que pour ces derniers, elle constitue le seul moyen de survie en tant que peuple Serbe et non simple citoyen de Bosnie-Herzégovine … le problème est loin d’être résolu, il n'est qu'en sommeil …

C’est fou tout de même ce que deux simples panneaux plantés là au détour d’une montagne peuvent avoir à dire sur le passé –tragique- et le futur –incertain- d’un pays.

Pyramide

Sur la route, de gros nuages gris et le tonnerre se font de plus en plus pressants … et malgré un net vent de face, les nuages semblent me courir après (ci-dessous, vue arrière).

Orage

C’est la course contre le vent d’un côté et la pluie de l’autre … je tiens plutôt bien le rythme, cela dure ainsi une bonne paire d’heures, et puis sournoisement un petit groupe de nuages dissidents me double par la gauche et me coupe la route. Je suis encerclé, il est temps de s’arrêter et de regarder la pluie tomber !

Ce soir je dors dans le petit village de Stolac, situé à quelques kilomètres seulement de la frontière entre la République Serbe de Bosnie et la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Stolac n’a pas été épargné par la guerre : de nombreux bâtiments sont criblés d’impacts et plusieurs d’entre eux ont été incendiés, les façades sont noircies, les toits effondrés … et malgré l’énorme effort de reconstruction qui a été consenti depuis 15 ans, il reste manifestement encore beaucoup à faire !


Mardi 5 Mai :
le beau temps est de retour, mais quel vent !!

Prairie

Ce matin je me rends à Mostar, et je découvre en route une nouvelle facette de l’héritage de la guerre : ce sont les champs de mines antipersonnel !

MINES MINES

La Bosnie-Herzégovine fait partie des 4 pays les plus minés au monde (derrière l’Angola, l’Afghanistan et le Cambodge) avec près d’un million de mines pour seulement 4 millions d’habitants. Les mines antipersonnel posent un double problème : elles continuent à faire de nombreuses victimes civiles plusieurs années après la fin d'un conflit, et leur dissémination rend la reprise de l'agriculture particulièrement risquée.

Pour rappel, il existe depuis près de 10 ans un traité international interdisant la production et l’utilisation des mines antipersonnel. 156 pays ont signé ce traité, avec toutefois les exceptions notables des pays suivants : Birmanie, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, Egypte, Etats-Unis, Finlande ( !??), Inde, Iran, Israël, Lybie, Pakistan, Russie, Syrie ainsi qu'une vingtaine d’autres pays ...


Mercredi 6 Mai :
 l’histoire récente de Mostar reflète admirablement l’imbroglio ethnique de la Bosnie-Herzégovine. Au début du conflit face aux Serbes, les Croates et les Bosniaques ont fait front commun pour défendre la ville, mais dès que la victoire fut acquise, ils commencèrent à s’affronter entre eux, les Croates à l’ouest et les Bosniaques à l’est. C’est de ce second affrontement que Mostar a le plus souffert, et à la fin des combats en 1995, la ville ne ressemblait plus qu’à un désolant champ de ruines, il n’y avait tout simplement plus rien à détruire. La folie des hommes laisse parfois pantois.

Ci-dessous, l'une des nombreuses bâtisses qui n'a pas encore été réhabilitée ...

Mostar detruit ...

… mais le travail accompli depuis la fin des hostilités est malgré tout exceptionnel. Toute la vieille ville d’époque Ottomane est maintenant comme neuve, les magasins sont de nouveau ouverts et les touristes sont aussi de retour …

Mostar Stari Grad Mostar Stari Grad

Mostar

Ci-dessous, le symbole de Mostar : le « stari most » (le vieux pont) auquel la ville doit son nom. Vieux de 500 ans et datant de l’époque Ottomane, c’est un tir d’artillerie Croate qui l’envoya au fond de la rivière en Novembre 1993. Il fut reconstruit en 2004 avec de nombreuses pierres d’origine, et il constitue maintenant le symbole de la réconciliation entre les deux communautés ...

Stari Most ...


Jeudi 7 Mai :
ce matin … direction Sarajevo !! Depuis Mostar je ne voyais que des montagnes vers le nord, donc je m’étais résolu à l’idée que ce serait une journée « de grimpe » … mais en fait il n’en est rien, ou presque, car la route suit paisiblement la rivière Neretva.

Wow

Par endroits les montagnes semblent plonger directement dans la rivière, formant alors un étroit canyon où la lumière du soleil ne doit pas s’attarder plus de quelques heures. Pour contourner ces obstacles, une bonne quinzaine de tunnels ont été construits … certains excédant parfois le kilomètre, ce qui est plutôt impressionnant à vélo !

J’arrive à Sarajevo en fin d’après-midi, après 5 km de voie rapide et 5 autres km d'autoroute. J’emprunte alors la « rue des snipers » (ainsi surnommée car lors du siège de Sarajevo, cette artère était l’espace de jeu favori des tireurs Serbes) pour me rendre dans le centre-ville, et je découvre rapidement les subtilités de la pratique du vélo dans une ville où les voies de circulation sont également utilisées par des tramways ! Attention danger. Rouler sur la voie la plus à droite où se trouvent les rails, c’est la chute assurée … et rouler sur la seconde voie la plus à droite, c’est s’exposer à se faire klaxonner et doubler autant par la gauche que par la droite. La solution, au risque de terroriser les piétons, c’est de rouler sur le trottoir … doucement !

SARAJEVO


Vendredi 8 - Dimanche 10 Mai :
Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine … est une ville à l’histoire riche et mouvementée !

La ville fut créée par les Turcs Ottomans au XVème siècle … et elle resta sous le contrôle des Turcs jusqu'à la fin du XIXème siècle. Durant cette période, la ville s’islamisa doucement, plusieurs mosquées furent construites, et certains quartiers évoquent toujours aujourd’hui ce fantastique héritage. Lorsque la guerre Russo-Turc s’acheva en 1878, ce sont les Austro-Hongrois qui prirent le relais de l’administration de la ville, ils érigèrent de nombreux bâtiments d’un style radicalement opposé, et ils testèrent (une première en Europe) le concept du Tramway !


Ci-dessous, le tramway de Sarajevo devant une construction Ottomane ...

Tram ...

... et la très centrale mosquée Bascarsija.

Musulmanes ... Mosquee

Malgré la prédominance de l’Islam, de nombreuses autres religions prospérèrent en parfaite harmonie pendant de nombreuses années, comme en atteste cette église Orthodoxe …

Eglise Orthodoxe

… ou cette église Catholique (ci-dessous) ! Il y a même eu une importante communauté Juive entre le XVIème siècle (lorsque ceux-ci furent chassés d’Espagne) et la seconde guerre mondiale.

Eglise catholique Heritage Austro-Hongrois

 Ci-dessus à droite, juste à coté de l'église Catholique, un magnifique bâtiment d'architecture Austro-Hongroise ...

Malheureusement, cette coexistence pacifique et harmonieuse entre les différentes communautés de la ville ne permit pas d’échapper à l’horreur de la guerre d’indépendance. Toutefois, à l’opposé de Mostar, la violence ne vint pas de l’intérieur mais de l’extérieur, car la ville fut tout simplement assiégée comme au temps des châteaux forts !

Le siège de Sarajevo est le plus long siège de l'histoire de la guerre moderne. Il a duré du 5 avril 1992 jusqu'au 29 février 1996 et a opposé les forces de la Bosnie-Herzégovine aux paramilitaires Serbes. Un blocus complet de la ville fut établi par les Serbes : les routes d’accès furent bloquées (stoppant l’approvisionnement en nourriture et en médicaments) et l'eau, l'électricité ainsi que le chauffage furent coupés. Les forces Serbes, bien que mieux équipées, étaient numériquement inférieures aux défenseurs Bosniaques retranchés dans la ville. Par conséquent, au lieu de tenter de prendre la ville, ils l'assiégèrent et la bombardèrent en continu pour l'affaiblir, sans quitter les collines. D'après les estimations, 11 000 personnes furent tuées et 50 000 blessées pendant le siège. Les rapports indiquent une moyenne d'environ 329 impacts d'obus par jour, avec un record de 3777 impacts pour le 22 juillet 1993. Les tirs ont gravement endommagé les structures de la ville, y compris des bâtiments civils et culturels. En septembre 1993, les rapports ont conclu que pratiquement tous les bâtiments de Sarajevo avaient subi des dommages, et 35 000 ont été complètement détruits.

Malgré l’immense effort de reconstruction qui a été entrepris, les traces de la guerre persistent toujours ici et là, comme sur les murs du séminaire théologique (ci-dessous) …

Seminaire Theologique Impacts

… ou dans ce cimetière Musulman, avec des tombes datant majoritairement des années 1992 à 1995 …

Cimetiere Musulman ... 1993

… ou encore avec la bibliothèque nationale, cible favorite des tireurs Serbes parce que contenant l’héritage culturel de tout un peuple, et qui brûla intégralement avec son contenu dès les premiers mois du siège.

Bibliotheque nationale Detail

En continuant sur une note grave, Sarajevo est aussi la ville où l’histoire du début du XXème siècle prit un tournant tragique. Le 28 juin 1914, c’est à proximité du pont Latin (ci-dessous) que Gavrilo Princip, Serbe de Bosnie, assassina l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire Austro-hongrois. Un mois plus tard, l'Autriche-Hongrie, convaincue de l’implication de la Serbie, déclara une guerre « préventive » à cette dernière, ce qui, par le jeu des alliances, amena la Première Guerre mondiale et ses 9 millions de morts !

Pont Latin ...

Pour l’anecdote, l'empereur Autrichien aurait signé la déclaration de guerre en disant : « Une guerre préventive, c'est comme un suicide par peur de la mort » … quel dommage qu’il se soit contenté d’une bonne parole, l'enjeu aurait certainement mérité un peu plus de courage.


Le centre de Sarajevo, en plus d’être magnifique, est particulièrement agréable et animé. Les parcs, les jeux (ci-dessous, les noirs s’inclinent en trois coups), la foule des piétons, l’absence des voitures, la musique partout …

Echecs

… les petites rues, l'air pur, les bars, les cafés, les restaurants … Sarajevo ressemble à un paradis urbain.

Bascarsijska

Pont latin ...


Dimanche 10 Mai : 6h39, Gare de Sarajevo, mon grand ami Grégoire arrive en train de Lille, via Bâle, Salzbourg et Zagreb ... avec son vélo et sa remorque !

6h39, gare de Sarajevo Gare de Sarajevo


Il l'a fait et il nous raconte :


06h52, départ Lille-Europe en direction de Strasbourg : le contrôleur a un bel accent Alsacien, il m’indique l’endroit prévu pour recevoir le vélo et sa volumineuse remorque. Jusque là tout va bien. J’apprends ensuite qu’à Strasbourg je vais devoir mettre le vélo dans un sac … je m’en doutais et j’avais prévu un sac géant à cet effet. J’arrive à Bâle quelques heures plus tard où je dois prendre un train rapide Italien pour Monfalcone. Mais voilà, le train rapide Italien n’accepte pas les vélos, même dans un sac, et pourtant le sac de 50 kg est déjà dans le train prêt à partir. Après avoir questionné le contrôleur et longuement insisté, je dois me rendre à l’évidence, je ne pourrai pas prendre ce train : déchargement express deux minutes avant le départ. 2h30 plus tard et après de multiples recherches au service clientèle de la gare de Bâle, je suis finalement en possession de l’unique billet permettant d’aller de Bâle à Zagreb en train avec un vélo. C’est un billet à quatre correspondances et avec à chacune d’elle l’inquiétude suivante : le contrôleur va-t-il accepter mon vélo ? D’une manière générale, avec un vélo les choses se passent ainsi :


- Bonjour est-ce-que le train pour la ville X accepte les vélos ? 
- Réponse du guichetier :
Non.
- Même dans un sac ?

- Réponse 1 : Je ne sais pas, il faut voir avec le chauffeur ou avec le contrôleur.
  Réponse 2 : Oui, les vélos sont acceptés mais je ne peux plus vous faire de réservation, c’est plein (Aïe, il va falloir      
  négocier avec le chauffeur ou le contrôleur).
- Cas 1, Autriche et Slovénie : le train est équipé d’un compartiment spécial vélo de 15 x 2 m … vide !!

- Cas 2, Croatie et Bosnie-Herzégovine : le train est dépourvu d’un tel compartiment et c’est l’angoisse. Le premier contrôleur refuse généralement catégoriquement, mais renvoie tout de même vers son collègue qui lui finalement accepte de bonne grâce.

Malgré ces quelques difficultés, ce voyage dans le voyage fut une vraie belle aventure, faite de rencontres, d’échanges et aussi de découvertes … avec au final la satisfaction d’avoir minimisé la pollution qui lui est associé. Mon conseil : prenez le train, mais préparez-vous bien !!

Grégoire va maintenant m’accompagner jusqu’à la frontière entre la Slovénie et l’Italie, et il est inutile de préciser qu'après ce long mais sympathique voyage en train, ses mollets le démangent sérieusement ...


Lundi 11 Mai : Nous partons ce matin en direction de Travnik, mais pour une première journée à deux, la route n’est pas vraiment adaptée : trop étroite, trop poussiéreuse et surtout avec beaucoup trop de circulation. Il en aurait toutefois fallu beaucoup plus pour altérer la joie de se retrouver et de pédaler ensemble, comme au bon vieux temps, quand nous étions étudiants …

Vers Travnik

Travnik est une jolie petite ville, blottie entre deux collines, et dont les maisons sont coiffées de hauts et longs toits semblables à des chapeaux de sorcières (ci-dessous) !

Travnik

Ci-dessous, la très belle mosquée multicolore de Travnik …

Mosquee multicolore Mosquee multicolore

En soirée nous nous baladons tranquillement dans le centre-ville en compagnie de nombreux Travnikois et Travnikoises. Tout le centre est condamné à la circulation automobile de 19h00 à 23h00, et il n’en faut pas plus pour que les rues s’animent et reprennent vie … Bravo Monsieur le Maire de Travnik !!


Mardi 12 Mai : avant-hier nous hésitions sur la route à suivre pour rejoindre Jajce. C’était soit « la rouge », plus longue et plus passante, soit « la blanche » … en pointillés et avec plusieurs chevrons qui indiquent de fortes pentes. Mais après la journée d’hier, ce matin nous sommes bien décidés à ne pas nous faire engluer dans la circulation une fois de plus, nous optons donc d’un commun accord pour « la blanche » en pointillés …

Vers Jajce

… et nous pouvons enfin rouler de front sans nous soucier des voitures, admirant la montagne et discutant à loisir !

Par contre la route monte autant que la carte le suggérait, sinon plus, et les pointillés … et bien c’est de la terre avec de grosses pierres !! Sur mon vélo vert, ça passe plutôt bien, mais Grégoire a plus de mal car les roues de sa remorque sont décalées, les obstacles deviennent moins évitables et surtout ils sont à franchir trois fois de suite ! Mais bon, rien ne l’arrête …

Dans la pierre

Une fois parvenus au sommet, nous entamons une descente hésitante au milieu d’une épaisse forêt en nous interrogeant à chaque croisement de chemins : mais où se trouve le chemin de Jajce !? Comme l’endroit est désert et qu’il n’y a personne pour nous répondre … nous improvisons au coup par coup, tantôt à gauche, tantôt à droite, en essayant de garder un cap vers l'ouest …

Dans la foret

Nous passons à proximité de plusieurs champs de mines, clairement repérés d’un panonceau rouge, nous faisons de nombreux zigzags dans la pénombre de la forêt, et finalement nous parvenons au fond d’une vallée. Il semblerait que nous nous soyons un peu égarés, mais nous sommes maintenant, fortuitement, revenus sur le bon chemin. Il n’y a plus qu’à suivre le torrent jusqu'à Jajce.

Et avec les moutons

Ci-dessous, le château de Jajce (XIV ème siècle).

Citadelle de Jajce


Mercredi 13 Mai : nous longeons aujourd’hui la rivière Sana (ci-dessous). La rivière est belle et les reflets de la forêt sont tout simplement magiques …

Vers Sansky Most

En route, nous entrons et sortons à plusieurs reprises de la République Serbe de Bosnie et de la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Les frontières des deux entités qui constituent la Bosnie-Herzégovine sont par ici particulièrement tortueuses … ce qui est hélas rarement un gage de stabilité et de paix à long terme. Cette région porte d’ailleurs toujours très clairement les stigmates de la guerre et de nombreuses maisons, surtout en campagne, ne sont plus aujourd’hui que des amoncellements de gravats … et pourtant que la campagne Bosniaque est belle !

Plaine

Sur le même rythme que le passage des frontières, les mosquées laissent leur place à des églises Orthodoxes et vice-versa et ainsi de suite avec une troublante exactitude. A croire qu’il n’y a plus de Musulmans dans la partie Serbe du pays et plus aucun Serbe hors de ce territoire ... il faut dire que le « nettoyage ethnique » entrepris par Radovan Karadzic (ex-président fondateur de la République Serbe de Bosnie) et son armée sont passés par là !!

Mosquee Mosquee


Jeudi 14 Mai : ce matin nous roulons jusqu’à la ville de Novi Grad où la rivière Una (ci-dessous) matérialise la frontière avec la Croatie ... il s'agit de l’antépénultième frontière avant la France.

Novi Gred / Dvor !





Le fait marquant en
Bosnie-Herzégovine 

Que les habitants de Bosnie-Herzégovine ont souffert, cela ne fait pas le moindre doute, que le pays fut ravagé par l’une des pires guerres de l’histoire, c’est une évidence. Et pourtant, 15 ans après, le peuple tout entier regarde résolument de l’avant, avec une envie de vivre et un dynamisme génialement communicatif. La Bosnie-Herzégovine, en deux mots, c’est une leçon de vie …




J'ai aimé / je n'ai pas aimé en
Bosnie-Herzégovine 

j'ai aimé je n'ai pas aimé
le dynamisme et l’envie de vivre de la population les champs de mines
les villes de Mostar et de Sarajevo les nombreuses ruines de maisons détruites par la guerre
le fabuleux héritage culturel -
le faible niveau de pollution -
la couleur translucide de l’eau des rivières -
les régions montagneuses -




Les informations pratiques
à propos de la Bosnie-Herzégovine : 

  • niveau de pollution atmosphérique : faible.
  • météo en Mai 2009 : orageux et beau, avec des températures estivales.
  • état des routes : bon.
  • densité du trafic : moyenne.
  • comportements sur la route : assez bons.
  • traits de caractère : charmants, dynamiques, plein d'énergie ... et raffinés.
  • hospitalité : bonne.
  • cuisine : au cœur de l’Europe et au croisement de multiples influences, la cuisine Bosniaque s’inspire largement de la Turquie et de l’Italie … et les boulangeries recèlent aussi largement de quoi improviser un repas.
  • quelques prix : 1.5l d'eau = 0.4 E, un repas standard = 6-7 E et une nuit en pension = 20-25 E.
  • dépenses moyennes par jour : ~ 35 Euros/jour.
  • la langue : zdravo (bonjour), krvala (merci) et ciao (au revoir).
  • les prénoms : Zeljko pour un homme et Selma pour une femme.

vers le carnet précédent : le Monénégro *** vers le carnet suivant : la Croatie



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